Des conducteurs sont-ils contrôlés par des policiers fédéraux allemands à la frontière germano-luxembourgeoise en raison de la couleur de leur peau ou de leur origine présumée ? La Südwestrundfunk (SWR) a fait état de cette accusation début novembre de l’année dernière. Un homme originaire d’Érythrée et travaillant dans la région de Trèves s’est montré convaincu auprès du média allemand d’avoir été contrôlé par les policiers en raison de la couleur de sa peau. Il reproche aux agents de pratiquer le profilage racial.
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Un porte-parole de la police fédérale de Trèves a toutefois rejeté cette accusation dans le rapport du média. Stefan Döhn a déclaré à la chaîne de télévision SWR qu’en tant que policier fédéral, «il arrive très vite de se retrouver dos au mur».
Le ministère fédéral de l’Intérieur, qui avait ordonné les contrôles aux frontières, a également réagi à cette accusation. Le profilage racial est «illégal» et n’est ni «toléré» ni «pratiqué» par la police fédérale. Les éventuels cas de profilage racial n’ont pas encore été portés devant le tribunal administratif de Trèves.
Le ministère de l’Intérieur luxembourgeois n’a pas connaissance de plaintes
En mai 2025, le ministère de l’Intérieur luxembourgeois avait mis en place une adresse électronique pour les éventuelles plaintes liées aux contrôles aux frontières. Celles-ci seraient «évaluées dans le sens d’une coopération positive entre les autorités compétentes», avait alors souligné le ministère. Fin septembre, 170 courriels étaient arrivés.
Depuis, le calme est revenu sur les plaintes liées aux contrôles aux frontières. Depuis, seuls 21 courriels supplémentaires sont parvenus au ministère, confirme ce dernier auprès du Luxemburger Wort.
Sur le fond, on ne constate aucune plainte concernant le profilage racial.
Ministère de l’Intérieur
À la question de savoir si parmi les 191 e-mails reçus, certains se plaignent du profilage racial dans le cadre des contrôles aux frontières, le ministère répond: «Sur le fond, on ne constate aucune plainte concernant le profilage racial.»
La plupart des e-mails concerneraient des plaintes générales, telles que «embouteillages» et «retards liés à l’A8», précise le ministère.
Friedrich Merz envisage la fin des contrôles, un «signal positif» pour Léon Gloden
Le gouvernement précédent, composé du SPD, des Verts et du FDP, avait introduit les contrôles aux frontières allemandes en septembre 2024. Depuis, la CDU/CSU et le SPD n’ont cessé de les prolonger. Après le Conseil Justice et Affaires intérieures de l’UE de début décembre 2025, le chancelier allemand Friedrich Merz, qui s’était jusqu’alors présenté comme un fervent partisan des contrôles aux frontières, avait laissé entrevoir la possibilité de les supprimer à nouveau.
Friedrich Merz (à droite) envisage la fin des contrôles aux frontières. Le ministre luxembourgeois de l’Intérieur Léon Gloden salue cette annonce. © PHOTO: Montage LW
Il s’est montré satisfait de l’accord des États de l’UE de vouloir renforcer la politique d’asile commune, notamment via la création de centres de rapatriement dans des pays tiers.
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Le ministre luxembourgeois de l’Intérieur Léon Gloden a salué l’annonce de Friedrich Merz. Interrogé par le Luxemburger Wort, son ministère a répondu que Léon Gloden considérait les déclarations de Friedrich Merz comme un «signal positif pour la coopération transfrontalière et la libre circulation des personnes et des marchandises dans l’espace Schengen».
L’abolition des contrôles aux frontières est un signal politique important.
Léon Gloden
Ministre (CSV) de l’Intérieur
C’est justement à une époque où «les crises sont complexes et souvent transfrontalières qu’il s’avère que l’ouverture des frontières intérieures ne facilite pas seulement le quotidien des gens, mais renforce également la sécurité et la résilience de nos régions en permettant à la police et à la protection de la population de coopérer de manière coordonnée», poursuit Léon Gloden.
Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Antony Speciale.