Les exportations russes de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis l’Arctique restent largement dépendantes des ports de l’Union européenne (UE), malgré l’engagement de celle-ci à interdire totalement le GNL russe d’ici à 2027, selon une analyse publiée mercredi par l’ONG allemande Urgewald et citée par Sweet Crude Reports.
Fondée sur des données du cabinet Kpler, l’étude montre qu’en 2025 le projet de complexe gazier Yamal LNG, dans le nord de la Russie, a représenté 14,3 % des importations totales de GNL de l’UE, soit environ un navire sur sept arrivant dans les terminaux européens.
Sur les 19,7 millions de tonnes exportées par Yamal l’an dernier, 15 millions de tonnes ont été livrées dans des ports de l’UE, générant selon l’ONG environ 7,2 milliards d’euros de revenus pour le Kremlin. La part de l’UE dans ces livraisons a même augmenté, atteignant 76,1 %, contre 75,4 % en 2024.
Urgewald souligne aussi que la France a été en 2025 le premier pays importateur de GNL de Yamal dans l’UE, devant la Belgique, dont le port de Zeebruges a reçu davantage de cargaisons que la Chine sur la même période.
« Alors que Bruxelles se félicite d’accords visant à éliminer progressivement le gaz russe, les ports européens continuent de servir de poumon logistique au plus grand terminal de GNL de Russie », a dénoncé Sebastian Rötters, responsable de la campagne « sanctions » de l’ONG, appelant à « fermer immédiatement la faille de Yamal ».
Selon Urgewald, Yamal dépend entièrement d’une flotte de 14 méthaniers brise-glace spécialisés. Onze d’entre eux appartiennent à la société Seapeak, basée au Royaume-Uni et détenue par le fonds d’investissement américain Stonepeak, et à la société grecque Dynagas. Seapeak a transporté 37,3 % du GNL de Yamal, Dynagas, 34,3 %.
Les importations de GNL au sein de l’UE vont être interdites d’ici à la fin de 2026 et celles de gaz acheminé par gazoduc d’ici à septembre 2027. La Commission européenne a en outre prévu de proposer en ce début d’année une législation visant à supprimer progressivement les importations de pétrole russe.
En octobre dernier, la Russie représentait 12 % des importations de gaz de l’UE, contre 45 % avant l’invasion de l’Ukraine.