Cette annonce intervient quelques heures après une attaque de grande ampleur par l’armée russe, qui a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi 36 missiles et 242 drones sur l’Ukraine. Un assaut incluant l’usage de l’Orechnik, un missile hypersonique de dernière génération. Le service ukrainien de sécurité a en effet découvert des débris du missile, vraisemblablement muni d’ogives factices inertes, dans la région de Lviv, frontalière de la Pologne – pays membre de l’Union européenne et de l’Otan.

Pas de trêve de Nouvel an en Ukraine où la guerre d’usure se poursuit à grand renfort de drones : “Une fois, il en a fallu 13 pour tuer un seul soldat”Retour de l’Orechnik

C’est la deuxième fois que Moscou utilise l’Orechnik, qui avait été tiré pour la première fois – avec des têtes conventionnelles – en novembre 2024 contre la ville ukrainienne de Dnipro. Ce missile peut porter une charge nucléaire et atteindre une vitesse d’environ 13 000 km/h. Selon Vladimir Poutine, il est capable de toucher des cibles situées entre 3 000 et 5 500 kilomètres.

L’Orechnik, qui peut porter une charge nucléaire, serait capable d’atteindre des cibles situées entre 3 000 et 5 500 kilomètres.

“Une telle attaque à proximité de la frontière de l’Union européenne et de l’Otan représente une menace grave pour la sécurité du continent européen et un test pour l’alliance transatlantique”, a réagi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha. Au total, le système de défense ukrainien a abattu 226 drones et 18 missiles. À Kiev, la police a fait état de quatre morts et 24 blessés.

La coalition des volontaires, une alliance “fragile” pour soutenir l’UkraineKiev dans le froid

La Russie justifie ces bombardements comme une riposte. Son ministère de la Défense a indiqué que ces frappes sont une réponse au soi-disant attentat perpétré par le régime de Kiev contre une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, dont l’Ukraine affirme qu’il s’agit d’un “mensonge” et dont les États-Unis ont conclus qu’il n’avait jamais eu lieu.

Selon le ministère russe, les frappes ont touché des sites de fabrication de drones “utilisés pour l’attaque terroriste” et des infrastructures énergétiques, sans préciser lesquels. Les civils ukrainiens semblent toutefois être les premiers touchés par l’attaque. Alors que les températures oscillent entre -7 et -12°C, les frappes nocturnes ont privé de chauffage 6 000 immeubles résidentiels de Kiev, soit la moitié des habitations. L’opérateur électrique privé DTEK a de son côté annoncé que 417 000 foyers sont sans courant. Le maire, Vitali Klitschko, a appelé vendredi les habitants à évacuer “temporairement” la ville. Une première.

En Ukraine, les nouveaux volontaires étrangers combattent en connaissance de cause: “Il y a beaucoup de façons de contribuer à cette guerre”Le signe d’une escalade

Pour la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, le tir d’un missile Orechnik est le signe “clair” d’une “escalade” de la part de Moscou et un “avertissement” lancé à l’Europe et aux États-Unis. Pour elle, Vladimir Poutine “ne veut pas la paix ; la réponse de la Russie à la diplomatie, ce sont davantage de missiles et de destruction”.

D’une même voix, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont estimé que les attaques “continues” de la Russie, “y compris l’utilisation d’un missile balistique de portée intermédiaire Orechnik dans l’ouest de l’Ukraine”, représentent “une escalade et sont inacceptables”. Une déclaration issue d’un appel téléphonique entre Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer, a indiqué une porte-parole de Downing Street.

Volodymyr Zelensky avait prévenu jeudi soir du risque d’une “attaque massive russe” imminente, après que la Russie a rejeté un plan européen du déploiement d’une force multinationale en Ukraine après une éventuelle fin de la guerre. Pour Moscou, toute présence militaire occidentale en Ukraine constituerait une “cible légitime”. Sur X, le président ukrainien a affirmé qu’une “réaction claire de la communauté internationale (était) nécessaire. Avant tout de la part des États-Unis dont les signaux sont perçus avec attention par la Russie.”