La ministre de la Mobilité, Yuriko Backes (DP), et l’échevin à la Mobilité de la Ville de Luxembourg, Patrick Goldschmidt, ne sont pas sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit de la couleur à donner aux pistes cyclables dans la capitale.
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L’idée de peindre certaines pistes en bleu a été évoquée pour la première fois par Patrick Goldschmidt (DP) lors d’un conseil communal en décembre dernier. Une proposition à laquelle la ministre des Transports s’oppose fermement, estimant que les pistes cyclables doivent rester rouges, une couleur plus visible et donc plus sûre.
Les marquages rouges sont également utilisés aux endroits potentiellement dangereux sur les routes. © PHOTO: Chris Karaba/Archives
Selon Yuriko Backes, les marquages rouges sont particulièrement utiles dans les zones potentiellement dangereuses. Des pistes cyclables continues et clairement marquées en rouge permettent aux cyclistes de se repérer plus intuitivement et de savoir où circuler, améliorant ainsi leur sécurité, mais aussi celle des piétons.
Le ministère rappelle au Luxemburger Wort que, aux Pays-Bas, les infrastructures cyclables sont peintes en rouge depuis des décennies. Résultat: le pays affiche l’un des taux d’accidents à vélo par kilomètre parcouru les plus bas d’Europe.
Patrick Goldschmidt avance toutefois un argument inverse. Selon lui, l’utilisation excessive du rouge tend à «banaliser» cette couleur. Lorsqu’elle est omniprésente, elle perd de son efficacité pour signaler les zones réellement dangereuses, comme les carrefours ou les points de conflit sur la chaussée.
Il y a déjà plusieurs centaines de mètres de revêtements routiers rouges à Howald. © PHOTO: Marc Wilwert/Archives
L’échevin souligne également qu’un bureau d’urbanisme de Copenhague, où le bleu est utilisé, a conseillé à la Ville de Luxembourg de ne pas généraliser le rouge en milieu urbain, mais de le réserver aux endroits à risque. À Howald, plusieurs centaines de mètres de chaussée sont déjà recouverts de revêtement rouge.
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Sur le plan réglementaire, les communes et les villes sont libres de choisir la couleur des revêtements routiers, à l’exception des marquages officiels, qui doivent être blancs, jaunes ou rouges sur les routes publiques. L’État n’impose donc aucune directive aux communes concernant la couleur des pistes cyclables, sauf sur les routes nationales, comme les autoroutes.
Le code de la route autorise l’utilisation du bleu pour les revêtements, confirme le ministère des Transports. Celui-ci recommande toutefois de faire preuve de cohérence dans le choix des couleurs afin de garantir une bonne lisibilité pour tous les usagers.
Qu’en pense ProVelo ?
Du côté des cyclistes, l’association ProVelo se montre plutôt favorable aux pistes rouges. Sa présidente, Monique Goldschmit, y voit un choix pertinent. Son collègue Jo Klein se montre en revanche plus nuancé.
«Le fait que les pistes cyclables soient colorées est positif», estime-t-il. «La couleur en elle-même est secondaire. Ce qui compte vraiment, c’est l’uniformité.»
Pour Jo Klein, un autre critère est encore plus important: la séparation physique des pistes cyclables par rapport au reste de la chaussée.
Pour Jo Klein, de ProVelo, la couleur est moins importante que le fait que les pistes cyclables soient physiquement séparées du reste de la route. © PHOTO: Gilles Kayser/Archives
Même son de cloche du côté de Sécurité routière. Son président, Paul Hammelmann, insiste sur la nécessité d’une signalisation cohérente à l’échelle nationale.
«Il ne doit y avoir aucune confusion. Des règles identiques dans tout le pays sont essentielles», conclut-il. «Il ne faut pas qu’il y ait de confusion et donc des réglementations identiques dans tout le pays», a-t-il déclaré.
Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Simon Martin.