Volodymyr Zelensky a assuré que Kiev ne visera pas de cibles énergétiques en Russie si Moscou fait de même en Ukraine. Il a également déclaré ne pas avoir encore réussi à trouver un compromis sur la question du contrôle de la région orientale de Donetsk.
Les négociateurs à l’œuvre pour mettre un terme à près de quatre ans de guerre en Ukraine ne sont à ce stade pas parvenus à trouver un compromis sur la question du contrôle de la région orientale de Donetsk, a déclaré le président Volodymyr Zelensky. «Jusqu’ici, nous n’avons pas réussi à trouver un compromis sur la question territoriale, en particulier concernant une partie de l’est de l’Ukraine», a-t-il dit à des journalistes, dont ceux de l’AFP, dans des déclarations rendues publiques vendredi.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également affirmé que la Russie avait interrompu les échanges de prisonniers de guerre, le dernier en date remontant à octobre 2025. «Les Russes ont interrompu le processus. Ils ne sont pas particulièrement intéressés par l’échange de personnes, car ils ne pensent pas que cela leur apporte quoi que ce soit», a-t-il déclaré.
Trêve énergétique ?
Enfin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que Kiev ne visera pas de cibles énergétiques en Russie si Moscou fait de même en Ukraine, au lendemain de l’annonce par Donald Trump d’un supposé accord de la Russie pour s’abstenir de viser ces installations. «Si la Russie ne frappe pas nos infrastructures énergétiques – installations de production ou toute autre infrastructure énergétique -, nous ne frapperons pas les leurs», a déclaré Volodymyr Zelensky.
Jeudi soir, il avait dit compter sur les États-Unis pour parvenir à cette trêve, alors que le réseau énergétique ukrainien a été sévèrement mis à mal par des bombardements russes massifs ces derniers mois. Ces frappes ont provoqué des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur dans plusieurs grandes villes d’Ukraine, dont la capitale, Kiev, où jusqu’à la moitié des immeubles ont été par moments affectés. Donald Trump a dit avoir fait cette demande en raison du froid «exceptionnel» en Ukraine, les météorologues annonçant des températures nocturnes pouvant descendre jusqu’à -30°C dans les prochains jours.
Pas de compromis sur les territoires
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a rapporté sur Telegram que 378 bâtiments restaient sans chauffage dans la capitale ukrainienne après les précédentes frappes russes, alors que les travaux de réparation se poursuivent. L’Ukraine frappe de son côté régulièrement des raffineries et dépôts pétroliers en Russie et des infrastructures de transport d’hydrocarbures, provoquant d’importants incendies.
Les régions russes frontalières ont aussi connu par moments des coupures de courant à cause des bombardements ukrainiens. Russes, Ukrainiens et Américains ont entamé la semaine dernière un cycle de pourparlers à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, sur le plan proposé par Washington pour mettre fin à quatre ans de combats.
Volodymyr Zelensky a indiqué que les discussions butent toujours sur l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine que Moscou revendique. La Russie exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région de Donetsk qu’elles contrôlent encore. «Jusqu’ici, nous n’avons pas réussi à trouver un compromis sur la question territoriale, en particulier concernant une partie de l’est de l’Ukraine», a indiqué le président ukrainien.
«Désescalade»
Selon lui, la Russie a aussi interrompu les échanges de prisonniers de guerre, dont le dernier en date remonte à l’année dernière. Ce type d’échanges était le seul résultat concret des dernières négociations russo-ukrainiennes, en 2025 à Istanbul en Turquie. Côté russe, le Kremlin avait confirmé jeudi que le dialogue «se poursuivait» sans vouloir commenter les détails du processus.
Le plan américain prévoit des concessions, notamment territoriales, de la part de Kiev en échange de garanties de sécurité de la part de Washington afin de dissuader la Russie d’attaquer à nouveau. Selon Zelensky, l’objectif des Américains est aussi de travailler à une «désescalade» afin que Moscou et Kiev s’abstiennent «d’utiliser leurs capacités de longue portée afin de créer davantage d’espace pour la diplomatie». Jeudi, Donald Trump a assuré que «beaucoup de progrès» avaient été faits jusqu’ici dans les pourparlers diplomatiques.