Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis est dénoncé auprès du bureau du procureur de la Cour pénale internationale par 25 avocats suisses, pour complicité dans les crimes commis par Israël à Gaza. Une enquête contre le conseiller fédéral est demandée.

Selon ces avocats suisses, la Confédération viole les Conventions de Genève et ne respecte pas le droit international humanitaire. Ignazio Cassis est lui accusé de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.

Le ministre des Affaires étrangères aurait dû prendre toutes les mesures à sa disposition pour empêcher que de tels crimes soient commis par Israël et, à tout le moins, ne pas les favoriser de quelle que manière que ce soit, ce qu’il n’a pas fait”, dénoncent les avocats.

Le conseiller fédéral aurait ainsi dû rompre toutes les relations commerciales avec Israël, continuer à financer l’UNRWA, interdire complètement l’exportation d’armes et de biens à double usage et user de son influence diplomatique, morale et économique pour empêcher la commission du génocide, argumentent-ils.

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Une lettre ouverte sans suite

En tant que chef du Département fédéral des affaires étrangères, Ignazio Cassis aurait également dû rappeler au Conseil fédéral et à l’Assemblée fédérale les obligations de la Suisse en tant que signataire et dépositaire des Conventions de Genève et en tant que signataire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

Fin août dernier, une soixantaine d’ex-diplomates avaient proposé dans une lettre ouverte adressée au Conseil fédéral une dizaine de mesures concrètes afin de mieux faire respecter le droit international humanitaire par Israël à Gaza. “Hélas, rien, ou presque, n’a été fait”, regrette Jean-Daniel Vigny, ancien responsable au DFAE de la politique étrangère de la Suisse en faveur des droits humains.

Le Ministère public de la Confédération n’a non plus toujours pas ouvert d’enquête suite à une dénonciation pénale déposée en mai 2025, dirigée contre les conseillers fédéraux Ignazio Cassis, Karin Keller-Sutter et Guy Parmelin, relève Irène Wettstein, avocate de l’association Stop Complicity. “Au vu de cette inaction, c’est donc la Cour pénale internationale qui doit être saisie”. Ignazio Cassis pourrait n’être que le premier sur la liste à être mis en cause.

>> Revoir le sujet du 19h30 en août sur l’appel des diplomates :

Gaza: 72 anciens ambassadeurs ont adressé un courrier au Conseil fédéral

Gaza: 72 anciens ambassadeurs ont adressé un courrier au Conseil fédéral / 19h30 / 2 min. / le 31 août 2025

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L’achat de biens à double usage dénoncé

Les avocats ont également critiqué le fait que les ministres de la Défense suisse et israélien aient signé un accord de coopération militaire en 2013. “Depuis lors, la Suisse achète et vend des armes et des biens à double usage à Israël.”

Les deux pays coopèrent également dans le développement de systèmes d’armes. La forte augmentation des livraisons de biens à double usage depuis 2024, notamment de composants pour le drone Hermes 900 utilisé dans la bande de Gaza, est particulièrement préoccupante.

Selon les avocats, la Suisse a également participé au développement du Hermes 900 et en fournirait des composants. Ce drone est fabriqué par le groupe d’armement israélien Elbit Systems. La Suisse abrite une filiale de cette société, dont le président du conseil d’administration est l’ancien directeur d’Armasuisse, Jakob Baumann.

Selon les avocats suisses, entre octobre 2023 et avril 2024, 20 autorisations d’exportation de biens à double usage vers Israël ont été accordées à 17 entreprises suisses. En 2024, les exportations de biens à double usage (civil et militaire) vers Israël ont atteint un niveau record de 16,7 millions de francs et continué leur progression au premier trimestre 2025.

ats/boi