Malaise dans la diplomatie française sur la politique de Macron au Moyen-Orient

by AutoRobotto

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  1. Dans une note confidentielle, des diplomates français déplorent un parti pris pro-israélien du chef de l’État. **Un geste hautement inhabituel qui témoigne d’un réel malaise au ministère des Affaires étrangères**.

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    « C’est une note interne à caractère professionnel qui est **inhabituelle dans sa forme puisqu’elle est collective, signée par une dizaine d’ambassadeurs du Moyen-Orient** », a expliqué à l’AFP Denis Bauchard, ancien ambassadeur en Jordanie, qui s’est entretenu avec une des personnes ayant eu connaissance de ladite note.

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    Cette note « apparaît comme une véritable démarche d’ambassadeurs qui font un constat identique », remarque Denis Bauchard, également ex-directeur pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient au ministère. « **C’est l’expression d’une inquiétude, celle de voir la France perdre de son influence y compris dans des pays avec lesquels les relations sont traditionnellement bonnes**, que ce soit au Liban, en Jordanie ou en Égypte ».

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    Pour l’ancien ambassadeur en Irak et en Tunisie, Yves Aubin de la Messuzière, cette note résulte de « **prises de position successives du président sur le conflit israélo-palestinien qui suscitent l’incompréhension** » chez certains ambassadeurs. « On a le sentiment **d’initiatives ou de propositions irréfléchies ou totalement improvisées**, comme celle qui consistait à élargir les missions de la coalition internationale de lutte contre l’État islamique au combat contre le [groupe islamiste palestinien] Hamas. » C’était « **inutile et inopérant** », poursuit-il, en référence au fait que de nombreux pays arabes n’auraient jamais adhéré à une telle initiative.

    **Perte d’influence**

    Il souligne aussi que **les positions du président rendent « illisible » la politique étrangère** de la France, compliquant la tâche des diplomates sur le terrain. Depuis le général de Gaulle jusqu’à Jacques Chirac, la question israélo-palestinienne était « **un élément structurant de la politique étrangère de la France** », rappelle-t-il, regrettant que la question ait perdu « de sa centralité ».

    « La situation est très sérieuse car il en va de la perte d’influence dans la région », estime-t-il. « **Le président français a perdu sa crédibilité dans le monde arabe et sa réputation, en particulier après ses déclarations lors de sa visite en Israël, où il a apporté son soutien inconditionnel** », assénait ainsi au début du mois de novembre à l’AFP un conseiller du Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, sous couvert d’anonymat.

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