“En Afrique du Sud, des traces de toxines d’origine végétale ont été découvertes sur des pointes de flèches vieilles de 60 000 ans, preuve que le recours au poison comme arme de chasse est bien plus ancien que ce que l’on pensait”, commence New Scientist.
Découvertes en 1985 sur le site archéologique d’Umhlatuzana, dans la province du Kwazulu-Natal, ces flèches avaient déjà pu être datées, mais la présence de poison sur les pointes manifestement recouvertes d’un liquide collant n’avait pas pu être démontrée de manière concluante. Cette fois, les résultats présentés dans Sciences Advances le 7 janvier sont sans équivoque.
“L’analyse par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse a révélé la présence d’alcaloïdes toxiques d’origine végétale sur cinq des dix microlithes de quartz analysés”, écrivent les auteurs de l’étude. Ces alcaloïdes proviennent probablement d’un exsudat laiteux des racines de Boophone disticha, une espèce de plante à fleurs, bulbeuse, endémique d’Afrique.
“Si cela n’avait concerné qu’une pointe de flèche, cela aurait pu être le fruit du hasard, fait remarquer Marlize Lombard, de l’université de Johannesburg, qui a piloté ces travaux. Le fait qu’on retrouve ces traces sur 5 des 10 artefacts examinés est tout simplement extraordinaire,