Lors de la 30ᵉ édition de la Conférence des ambassadeurs de France, tenue à Paris le 8 janvier 2026, le président Emmanuel Macron a présenté ses priorités en matière de politique étrangère.
Dans une allocution très attendue consacrée aux relations franco-africaines, il a annoncé un tournant majeur dans l’approche de la France sur le continent, plaidant pour un partenariat fondé sur l’égalité et le respect mutuel. Il a évoqué un véritable « changement de logiciel » dans la diplomatie française à l’égard de l’Afrique.
Reconnaissance et mémoire historique
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Emmanuel Macron est revenu sur les initiatives mémorielles et culturelles engagées ces dernières années, telles que la commission Stora sur l’Algérie, les discours portant sur les mémoires douloureuses, la restitution d’œuvres d’art et la mise en place de commissions d’historiens avec plusieurs pays africains.
Selon le président, la France assume désormais une lecture lucide, scientifique et responsable de son passé, refusant à la fois la complaisance et la désinformation.
Contre le « panafricanisme instrumental »
Le chef de l’État a également critiqué ce qu’il qualifie de « panafricanisme instrumental », utilisé, selon lui, par certains acteurs étrangers ou relayé sur les réseaux sociaux pour manipuler l’opinion publique et exploiter une jeunesse africaine dont plus de 60 % a moins de 25 ans.
Réorganisation de la présence militaire française
Emmanuel Macron a abordé la réorganisation de la présence militaire française sur le continent, précisant que la France ne se retire pas d’Afrique mais ajuste son engagement.
Il a rappelé que la présence militaire historique, notamment dans la lutte contre le terrorisme, répondait à la demande des États africains. Toutefois, certaines bases permanentes ont été fermées afin de ne plus alimenter des discours postcoloniaux.
Cette réorganisation s’accompagne d’un nouveau modèle de coopération militaire, plus ciblé et régional, conçu en concertation avec les chefs d’État africains. La France maintiendra une présence stratégique limitée tout en développant un partenariat élargi dans des domaines tels que l’entrepreneuriat, la culture, le sport et la mobilisation des diasporas. Le président a qualifié ces initiatives d’« inédites », visant à rééquilibrer durablement la relation franco-africaine.
Vers un partenariat économique et innovant
Le président de la République a annoncé que le sommet de Nairobi, prévu en mai prochain, constituera un moment clé pour incarner ce partenariat renouvelé, avec un accent particulier sur l’économie, l’innovation et la coopération européenne.
Il a également regretté le désengagement économique de certaines entreprises françaises en Afrique et appelé à soutenir les PME et start-ups désireuses de s’y investir de manière durable.
« Sur l’Afrique, allons au bout de la logique, montrons l’efficacité, consolidons nos partenariats », a déclaré Emmanuel Macron, soulignant l’importance de relations équilibrées avec des pays clés tels que le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud ou le Kenya. La France continuera également à suivre de près les grandes crises régionales, notamment au Soudan et dans la Corne de l’Afrique.
Reconnaissant certaines incohérences, le chef de l’État a admis : « Nous faisons méthodiquement l’exact contraire de ce que nous devrions faire économiquement. » Il a ainsi appelé à mobiliser des entreprises françaises ambitieuses, capables de travailler en Afrique dans un esprit de respect, d’efficacité et de partenariat durable.
Une vision claire pour l’avenir
Pour Emmanuel Macron, le partenariat franco-africain repose désormais sur trois piliers : les intérêts, les partenariats et l’influence. La France doit démontrer l’efficacité de son engagement et défendre sa vision dans un contexte marqué par une véritable bataille des récits.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer les instruments de cette influence, tout en s’appuyant sur une diplomatie rénovée, cohérente et lisible.
En conclusion, le président a rappelé que l’Afrique est aujourd’hui au cœur d’enjeux géopolitiques majeurs et d’une confrontation de narratifs. La France entend y défendre une vision fondée sur le respect, la constance et la fiabilité, rejetant à la fois toute logique néocoloniale et toute forme de vassalisation.