La Banque mondiale a publié fin décembre 2025 la deuxième édition de son rapport Business Ready, qui succède au classement Doing Business. En phase de déploiement progressif, ce nouvel outil d’évaluation du climat des affaires à travers le monde adopte une approche microéconomique centrée sur le cycle de vie de l’entreprise. L’édition 2025 étend la couverture à 101 économies, dont 29 pays africaines, soit 14 de plus qu’un an plus tôt. Parmi les nouveaux entrants figurent le Bénin, le Sénégal, la Tunisie, la Namibie ou encore la République démocratique du Congo.
Le classement B-Ready repose sur une méthodologie structurée autour de trois piliers complémentaires, avec une note sur 100 attribuée à chaque pays. Le premier pilier évalue le cadre réglementaire, en analysant les règles applicables aux entreprises telles qu’elles sont écrites, notamment en matière de création d’entreprise, de droit du travail, de résolution des litiges et de protection des droits de propriété.
Le deuxième mesure la qualité des services publics mis à disposition des entreprises pour se conformer à ces règles, en se concentrant sur leur fonctionnement effectif, comme les plateformes numériques, l’administration fiscale ou les infrastructures liées au commerce. Le troisième pilier porte sur l’efficacité opérationnelle, en évaluant l’expérience concrète des entreprises face aux procédures, aux délais et aux coûts de conformité.
Le Rwanda toujours en tête, le Bénin fait une entrée remarquée
Les scores au niveau des trois piliers sont agrégés pour obtenir le classement final. Sur le continent, la hiérarchie évolue peu en tête pour cette deuxième édition du Business Ready. Selon les calculs de notre rédaction à partir des données publiées, le Rwanda conserve en effet la première place avec une moyenne de 67,94 sur 100, alors que le Maroc se hisse à la deuxième place, devant la République de Maurice qui recule d’un rang. Comme en 2024, le Togo se retrouve au pied du podium, avec un score qui passe de 60,99 dans l’édition précédente à 61,52 en 2025.
L’entrée de nouveaux pays modifie en revanche les équilibres intermédiaires, avec des États qui s’insèrent directement parmi les mieux classés, comme le Bénin (60,21), 5ème dès sa première apparition, ou le Sénégal (56,05), 9ème. Parmi les pays évalués lors de l’édition inaugurale, la Côte d’Ivoire se maintient à la 10ème place africaine dans le Business Ready 2025, avec un score agrégé qui progresse à 54,43, contre 52,94 en 2024. La Tunisie, seul autre pays d’Afrique du Nord en dehors du Maroc, est 12ème pour sa première apparition dans le classement, avec un score de 52,68. 15ème en 2024, la Centrafrique se retrouve à la 27ème place en 2025, devançant la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud, deux nouveaux entrants.
Un gap d’efficacité à combler
Au-delà du classement, le Business Ready 2025 souligne que les économies confrontées au besoin le plus pressant de créer des emplois sont aussi les moins bien préparées sur le plan du climat des affaires. Les pays caractérisés par une population active jeune, appelés à absorber un afflux important de nouveaux entrants sur leurs marchés du travail, affichent en moyenne des scores inférieurs à la médiane mondiale. L’Afrique subsaharienne concentre la majorité de ces économies, où les scores B-Ready restent plus faibles que dans les autres régions.
Le rapport met aussi en lumière un écart entre la solidité des règles et la capacité des services publics à les accompagner, ainsi qu’un décalage entre les cadres réglementaires existants et la facilité qu’ont les entreprises à les mettre en œuvre. C’est par exemple le cas du Maroc, qui obtient un score de 70,06 au niveau du pilier relatif au cadre réglementaire et de 64,55 en ce qui concerne la qualité des services publics, soit des scores au-dessus des moyennes mondiales respectives de 66,32 et 60,03. Le royaume chérifien décroche en revanche 55,71 sur le plan de l’efficacité opérationnelle, en dessous de la moyenne mondiale de 60,03.
Notons que la phase de déploiement du Business Ready doit s’achever en 2026, avec plus de 160 économies couvertes, contre 50 lors de l’édition inaugurale.