Si certains aigles parviennent parfois à chasser des lionceaux, ceux du Mali ne sont pas parvenus à attirer dans leur piège des Lions de la Téranga trop expérimentés pour se laisser dévorer. En éliminant le Mali ce vendredi en quarts de finale de la CAN 2025 (1-0), les Sénégalais sont parvenus à s’extirper d’un match difficile face à une équipe au plan de jeu très restrictif mais qui avait prouvé son efficacité lors des tours précédents – le Mali avait tenu tête au Maroc en phase de groupes (1-1) avant d’éliminer la Tunisie aux tirs au but (1-1, 3 tirs au but à 2).

Par-delà leur potentiel offensif qui n’est plus à démontrer, les joueurs de Pape Thiaw ont d’abord su répondre ce vendredi au défi athlétique opposé par les Maliens, en se défaisant du pressing adverse grâce à une qualité technique supérieure.

Une action résume ce combat remporté par les Sénegalais : au duel avec Yves Bissouma dans l’entrejeu, le numéro 10 sénégalais Sadio Mané a effacé celui du Mali d’un subtil petit pont avant de se faire faucher par le milieu défensif de Tottenham (23e). Ce dernier sera sanctionné d’un carton jaune pour son tacle, avant d’être exclu pour avoir récidivé face à Pape Gueye dans le temps additionnel de la première période (45e + 3).

La mine bougonne affichée par Bissouma à sa sortie de la pelouse symbolise la frustration des joueurs de Tom Saintfiet, qui avaient été logiquement punis par l’ouverture du score d’Illiman Ndiaye, celui-ci ayant profité d’une faute de main de Djigui Diarra sur un centre de Crépin Diatta venu du côté droit (27e).

Ndiaye en dynamiteur

C’est grâce à la vivacité de ses ailes que les Sénégalais sont parvenus à s’envoler, à l’image d’un attaquant d’Everton virevoltant. Désigné homme du match, Ndiaye aurait mérité d’être crédité d’une passe décisive sur une passe en retrait pour Sadio Mané après un débordement sur le côté droit qui a mis Amadou Haïdara à terre (45e + 6).

Ses dribbles insaisissables ont fait se lever les travées d’un stade Ibn Batouta loin d’être plein (32 385 spectateurs sur 75 500 places) mais où le groupe de supporters du Douzième Gaindé (« Lion » en wolof), vêtus aux couleurs du drapeau sénégalais, auront pleinement joué leur rôle d’ambianceurs dansants tout au long de la rencontre.

Et une fois le succès en vue, Pape Thiaw a pu faire souffler ses titulaires sans perdre en qualité sur la pelouse. Si Ibrahim Mbaye a été moins tranchant que lors de ses deux dernières entrées en jeu (un penalty provoqué contre le Bénin, un but face au Soudan), Pathé Ciss a été par deux fois tout proche de doubler la mise sur une tête puissante (67e) puis un face à face avec Diarra (76e) finalement remporté par un gardien malien, sauvé par son poteau sur une volée du pied droit de l’autre entrant Lamine Camara (90e + 2).

La profondeur de banc du Sénégal pourrait faire la différence lors du tour suivant, face à une Côte d’Ivoire très dépendante de son duo Yan Diomandé – Amad Diallo ou une Égypte qui a déjà disputé 120 minutes lors de sa victoire contre le Bénin en huitièmes (3-1 aux prolongations). Une éventuelle confrontation contre les Pharaons rappellerait de bons souvenirs aux Lions de la Téranga, qui avaient remporté leur unique CAN en battant les coéquipiers de Mohammed Salah aux tirs au but en finale en 2021 (0-0, 4 tirs au but à 2).

« Les gens disent qu’on est favoris »

Nul doute que les Sénégalais croient plus que jamais en leurs chances de soulever une nouvelle fois le trophée le 18 janvier, après cette prestation solide à défaut d’être spectaculaire. « Aujourd’hui on gagne, peut-être pas avec la manière, mais avec les trois points », a résumé Pape Gueye après la rencontre.

Son équipe confirme ainsi son statut de prétendant à la victoire finale. « Les gens disent qu’on est favoris. Il faut être ambitieux », a affirmé le latéral doit de l’AS Monaco Krépin Diatta, en estimant que le Sénégal possède « une bonne équipe » pour rivaliser avec les Bleus au Mondial nord-américain l’été prochain.