Il ne peut rester qu’un seul lion dans la savane de la CAN. Et, contrairement aux prédictions de Rigobert Song, ce sont bien les Lions de l’Atlas qui ont pris le dessus sur les Indomptables, vendredi 9 janvier lors du quart de finale entre le Maroc et le Cameroun (2-0).

Une série devait prendre fin ce soir. Soit la réputation camerounaise de bourreaux des pays hôtes en match à élimination directe de la Coupe d’Afrique, qui court depuis 1988 et la précédente CAN… au Maroc. Soit l’invincibilité préservée par les Marocains à domicile depuis 2009 et une défaite infligée par… le Cameroun de Samuel Eto’o. Celui qui est désormais président de la fédération nationale était d’ailleurs présent dans les tribunes du stade Prince Moulay Abdellah pleines à craquer.

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Et ce sont finalement les Lions de l’Atlas qui ont fait du passé table rase. Pourtant ces statistiques lointaines, comme les prestations récentes de l’équipe peinaient à convaincre les exigeants supporters marocains. 

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Mais, en avançant cahin-caha, le Maroc est toujours dans sa CAN et pour ce quart de finale, il décide d’assumer enfin son statut d’ultra-favori. La première mi-temps est à sens unique. Les Lions de l’Atlas envahissent le terrain de leurs adversaires. Sous pression, les Camerounais en sont réduits à des interventions rugueuses, violentes. Comme si les hommes de David Pagou étaient dépassés par la vivacité de leurs adversaires. 

Brahim Diaz encore et toujours

Les occasions marocaines se multiplient sur les coups de pied arrêtés d’Hakimi (6e, 8e, 11e, 17e). Le Cameroun joue de malchance et perd Tchamadeu sur blessure après un tacle raté. Le latéral de Stoke City quitte en pleurs ses coéquipiers (24e).

Totalement dominés, les Lions indomptables finissent fatalement par céder. Sur un corner exécuté par Hakimi, El Kaabi reprend de la tête et l’inévitable Brahim Diaz surgit pour pousser au fond. Pas son but le plus dur de la compétition mais déjà son cinquième en autant de matches (1-0, 26e).

Le public marocain, déjà enflammé avant le match, sait apprécier ce qu’il voit sur le terrain. Les chants s’enchaînent et une ola parcourt les tribunes. 

Juste avant la mi-temps, les Camerounais tentent enfin une timide réaction et Bounou touche enfin le ballon (44e). Une bonne volonté confirmée au retour des vestiaires et ce sont désormais les Marocains qui n’hésitent pas à jouer dur sur l’homme pour calmer les velléités adverses. Mais si le Maroc peine, le public intervient à grands renforts de sifflets pour jouer son rôle de 12e homme.

Le Cameroun sans idées

Le jeu est haché par les fautes, sans rythme. Au milieu des coups marocains, le Cameroun peine à se montrer dangereux. C’est même le Maroc qui est proche de doubler la mise par deux fois. “Ez Abde” coupe une tête au premier poteau mais frôle la transversale (61e). Puis Saibari profite d’un manqué d’Epassy sur un centre d”Hakimi, repoussé par Kotto sur sa ligne (64e). Preuve de l’impuissance camerounaise, David Pagou fait entrer N’Koudou à la place d’Ebimbe alors que ce dernier avait suppléé Tchamadeu en première période.

À la réception d’un coup franc au deuxième poteau, Sabari finit par faire faire le break. Il croise une frappe puissante du gauche qui va droit au filet opposé (2-0, 74e). 

Le triple changement de Pagou ne changera pas grand chose (77e). Le Hemlé camerounais, ce fighting spirit des Lions indomptables, a finalement trouvé ses limites dans cette CAN 2025. Il s’est heurté à la maîtrise des Lions de l’Atlas qui tiennent enfin leur match référence dans cette compétition à domicile.

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Pas une mauvaise idée alors qu’un bouillant derby pourrait les attendre en demi-finale. En effet, l’affrontement Maroc – Algérie qui faisait fantasmer les supporters des deux pays pourrait avoir lieu au prochain tour. À condition que les Verts viennent à bout du Nigeria samedi.