Les importantes précipitations enregistrées dans différentes régions du Royaume au cours des dernières semaines ont redonné un souffle notable aux retenues des barrages marocains. Les réserves en eau ont atteint des niveaux exceptionnels, jamais observés depuis plusieurs années, avec plus d’une dizaine de barrages ayant atteint leur capacité maximale et affichant un taux de remplissage de 100%.

Selon des données officielles publiées par le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en date du dimanche 11 janvier 2026, les récentes pluies ont eu un impact particulièrement positif sur l’ensemble des barrages relevant des différents bassins hydrauliques du pays. Cette amélioration marque un tournant significatif après plusieurs années marquées par un stress hydrique persistant.

Dans le bassin du Loukkos, quatre barrages ont atteint un taux de remplissage total. Le barrage Oued El Makhazine, dont la capacité dépasse 672 millions de mètres cubes, affiche ainsi un taux de 100%, contre seulement 73,44% à la même période l’an dernier. Cette progression illustre l’ampleur de l’apport hydrique enregistré cette saison.

سد محمد الخامس بإقليم الناظور بعد التساقطات المطرية الأخيرة

Le barrage Nakhla, bien que de taille modeste et à vocation de transfert, joue un rôle essentiel dans la régulation des ressources en eau de la région. Son taux de remplissage est passé de 46% l’année précédente à 100% cette année. De leur côté, les barrages de Chefchaouen, d’une capacité de 12,2 millions de mètres cubes, et Chérif Al Idrissi, pouvant contenir jusqu’à 121,6 millions de mètres cubes, ont également atteint leur pleine capacité, après avoir affiché respectivement 83,43% et 82,40% à la même période de l’année passée.

Dans le bassin de la Moulouya, le barrage situé sur l’oued Za, dont la capacité excède 94 millions de mètres cubes, a lui aussi atteint sa capacité maximale, enregistrant un taux de remplissage de 100%.

Le bassin du Sebou n’est pas en reste, avec des chiffres particulièrement élevés. Les barrages Bab Louta, d’une capacité de 33 millions de mètres cubes, et Allal Al Fassi, pouvant contenir 63 millions de mètres cubes, ont dépassé les 99% de remplissage, tandis que le barrage Bouhouda, avec une capacité de 44 millions de mètres cubes, a atteint un taux de 100%.

Dans le bassin du Bouregreg, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, l’un des plus grands barrages du pays avec une retenue de plus de 974 millions de mètres cubes, est parvenu à sa capacité maximale. Cette situation a nécessité le transfert des excédents d’eau vers d’autres barrages du même bassin afin d’assurer une gestion optimale des ressources disponibles.

سد محمد الخامس بعد التساقطات المطرية القوية

Le barrage Moulay Abderrahmane, relevant du bassin du Tensift et doté d’une capacité d’environ 64,4 millions de mètres cubes, a connu une amélioration spectaculaire. Son taux de remplissage est passé de 48% à la même période de l’année dernière à 99,72% cette année, traduisant l’effet direct des fortes précipitations sur la région.

Le bassin de Souss-Massa a également enregistré une nette amélioration. Le barrage Aoulouz, d’une capacité de 89 millions de mètres cubes, affiche désormais un taux de remplissage de 100%, alors qu’il ne dépassait pas 35% l’an dernier. Le barrage Moulay Abdellah, dont la capacité est supérieure à 90 millions de mètres cubes, a vu son taux de remplissage progresser de 39% à 91%.

Enfin, le barrage de transfert Ahl Souss, bien que sa capacité ne dépasse pas 5 millions de mètres cubes, a réalisé une progression remarquable en passant de 9,49% l’année dernière à un remplissage total de 100% cette année, confirmant ainsi l’impact généralisé et bénéfique des récentes précipitations sur les infrastructures hydrauliques du pays.

Par Fatima Zahra El Aouni

Le 11/01/2026 à 12h58