Adil Ettabaa
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15:25 – 11 janvier 2026

Le Maroc a pris, en 2025, la tête de la production automobile africaine, reléguant l’Afrique du Sud au second rang, selon les données rendues publiques par l’Association nationale des constructeurs automobiles d’Afrique du Sud (NAAMSA) obtenues par Barlamane.com. Le royaume a atteint, dès le début du mois de décembre, un volume cumulé d’un million de véhicules assemblés, contre 559 645 unités sur l’ensemble de l’année 2024, soit une hausse proche de 79 %.

Ce franchissement marque une rupture nette dans la hiérarchie industrielle du continent. La NAAMSA relève que «ce niveau de production place désormais le Maroc devant l’Afrique du Sud, longtemps premier pôle manufacturier automobile africain». L’évolution constatée traduit un déplacement durable du centre de gravité de cette industrie vers le nord du continent, au bénéfice d’un pays qui ne procédait à aucune exportation de véhicules en 2010.

La production sud-africaine progresse sans préserver la première place

Pour l’Afrique du Sud, l’exercice 2025 se caractérise par une progression mesurée, insuffisante toutefois pour conserver la première position continentale. La NAAMSA indique que les ventes totales de véhicules ont atteint 596 818 unités entre janvier et décembre, contre 515 976 l’année précédente, soit une augmentation de 15,67 %. Elle précise que «les ventes domestiques se sont élevées à 408 224 unités, les exportations constituant le solde».

Malgré cette amélioration, la production cumulée sud-africaine demeure inférieure à celle du Maroc. La NAAMSA souligne que ce fait tient à des contraintes persistantes, en particulier sur le plan énergétique. «Les délestages répétés ont perturbé l’activité industrielle et accru les coûts de production par le recours à des solutions de secours», note l’association, rappelant que l’électricité nationale provient encore majoritairement des combustibles fossiles.

L’avantage marocain porté par l’énergie et le véhicule électrique

Selon la NAAMSA, l’ascension marocaine repose sur plusieurs facteurs structurants. L’association observe que «la disponibilité de l’énergie, son coût maîtrisé et la stabilité de l’approvisionnement ont favorisé l’expansion industrielle du pays». Le Maroc a engagé des investissements massifs dans les énergies renouvelables, réduisant progressivement la part des sources fossiles, encore proche de 70 % de la production électrique.

L’organisation professionnelle met également en avant le positionnement du Maroc sur le véhicule électrique. «La fabrication locale du Rocks-e d’Opel a débuté en 2021 alors qu’aucun véhicule entièrement électrique n’est encore produit en Afrique du Sud», relève-t-elle. L’association ajoute que «le lancement annoncé, en janvier 2026, du Dial-E par le constructeur marocain Neo Motors confirme cette orientation», tout en rappelant que Tesla a choisi le royaume comme premier marché africain doté d’une présence officielle.

Pour la NAAMSA, la combinaison d’un cadre industriel favorable, d’accords commerciaux étendus et d’un environnement énergétique plus sûr explique le basculement observé en 2025, lequel redessine durablement les équilibres de l’industrie automobile africaine.