L’enseigne de supermarchés Carrefour arrive en Éthiopie. Le numéro deux français de la grande distribution a signé, lundi 5 janvier, un contrat de franchise avec Midroc, le plus grand conglomérat privé du pays. C’est le quatorzième pays africain dans lequel s’implante Carrefour qui place l’Afrique au cœur de sa stratégie à l’international.
Le grand « C » du logo « Carrefour » sera bientôt visible dans les faubourgs d’Addis-Abeba. Le groupe français de grande distribution annonce son implantation en Éthiopie avec la reprise de 13 magasins de la marque locale Queens. L’enseigne affiche déjà des ambitions élevées avec l’ouverture prévue de 17 magasins supplémentaires dans les deux prochaines années. Il s’agit d’une première pour le pays, comme le souligne Patrick Lasfargues, directeur des partenariats internationaux chez Carrefour : « Avec ses 140 millions d’habitants, avec l’accès à l’électricité permis par le barrage de la Renaissance et avec un pôle agricole très important, l’Éthiopie se trouve aujourd’hui dans une situation qui nous a paru tout à fait pertinente. Nous jouons un rôle de défricheur, de pionnier, puisqu’il n’existe encore aucun contrat de franchise internationale, alimentaire ou non alimentaire, dans le pays. Nous participons à la modernisation de l’économie éthiopienne et nous sommes autant confiants qu’ambitieux sur notre capacité à nous y développer », affirme celui-ci.
Cette annonce s’inscrit dans une stratégie africaine plus large. Carrefour a récemment signé de nouvelles implantations au Ghana et en Guinée, ouvert un magasin en République démocratique du Congo fin juillet, et prévoit pour 2026 un vaste programme de 40 ouvertures de grandes surfaces en Égypte. En un an, le groupe est ainsi passé de 460 à 700 magasins sur le continent.
Accepter
Gérer mes choix
À lire aussiLa grande distribution en pleine révolution en Afrique
La classe moyenne dans le viseur
Si cette accélération peut sembler soudaine, elle résulte toutefois d’un travail de long terme, explique Patrick Lasfargues. « Cela s’est construit sur plusieurs années, avec le dynamisme de nos partenaires et des marchés. Addis-Abeba est une ville de près de 10 millions d’habitants, avec une classe moyenne qui fait déjà ses courses chez Carrefour à Dubaï ou en Europe. Ces consommateurs n’ont plus envie de remplir leurs valises de chocolat, de biscuits ou de céréales, mais de les acheter sur place, au même prix, voire moins cher », argumente encore ce dernier.
Encore rare pour un groupe français, cette percée stratégique en Afrique de l’Est n’en est pas moins révélatrice d’une tendance de fond, analyse pour sa part Jean-Michel Huet, associé au cabinet de conseil BearingPoint : « On a beaucoup parlé des banques françaises qui quittaient l’Afrique mais, en parallèle, de grands acteurs du commerce et des services grand public se développent sur le continent : Canal+, Orange et désormais Carrefour, qui affiche depuis quelques années une vraie ambition africaine. Cela s’explique par le développement d’une classe moyenne, capable d’acheter des produits alimentaires en grande surface. C’est une évolution sociologique comparable à celle connue en France il y a quelques décennies. »
Carrefour n’est cependant pas seul sur ce terrain. Le distributeur américain Walmart vient lui aussi d’ouvrir son premier magasin africain en banlieue ouest de Johannesburg et a plusieurs autres sites en cours de développement en Afrique du Sud.
À lire aussiLe groupe Carrefour ouvre de nouveaux magasins en Éthiopie et renforce son empreinte en Afrique