Les rues étaient quasiment désertes à Marseille, samedi à partir de 17 heures, au moment où l’Algérie débutait son quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre le Nigeria. Au cœur du quartier Belsunce, dans le 1er arrondissement, plus de 200 supporters des Verts se sont rassemblés au Coffee Café Time pour assister à la rencontre, malgré le vent glacial qui souffle dans la cité phocéenne sur ce début d’année. Les plus chanceux ont pu profiter du match assis sur une chaise face à l’écran avec un petit thé à la menthe bouillant entre les mains. « On est aux premières loges », souligne Yacine, qui n’a pas loupé la moindre journée des Fennecs durant cette CAN.
Quelques instants avant le coup d’envoi, il formule une dernière prière pour que l’Algérie puisse rejoindre le dernier carré de la compétition. Autour de lui, les regards sont fixés sur le poste de télévision. Et si la parole est d’argent, le silence est d’or durant une première période maîtrisée par les Nigérians. Les actions dangereuses annihilées par la défense algérienne et son gardien Luca Zidane, le fils cadet de Zizou, provoquent quand même de chaleureux applaudissements. Chaque sauvetage est dignement célébré, mais les protégés de Vladimir Petkovic n’ont pas été aussi spectaculaires devant la cage adverse. « C’est fou à quel point on n’arrive pas à réussir trois passes d’affilée », martèle Mohammed, éducateur dans un club du 9e arrondissement de Marseille. « C’est comme ça que l’on nourrit des regrets par la suite », poursuit-il.
Des stars manquent à l’appel
Son instinct de footballeur ne l’a pas trahi. Au retour des vestiaires, deux anciens pensionnaires de la Ligue 1 ont rapidement trouvé le chemin des filets : l’ex-Lillois Victor Osimhen et l’ex-Montpelliérain Akor Adams. Le deuxième but nigérian est tombé comme un coup de massue et a provoqué le départ anticipé d’un certain nombre de supporters des Verts, agacés par la situation. « Hormis notre victoire en 2019, ça fait plus de dix ans que la CAN ne nous réussit pas », lance Karim, qui ne conçoit pas de voir son pays de cœur se faire éliminer par le Nigeria. « C’est un bon pays, mais nous aussi on a des stars qui sont capables de débloquer le match. Ils sont passés où Mahrez et Amoura ? », ajoute le quarantenaire de la Belle de Mai, venu assister à la rencontre avec son fils, Imad, âgé de 10 ans. Comme son papa, il
a repris un peu d’espoir quand l’expérimenté Baghdad Bounedjah (plus de 300 buts en carrière) et surtout le héros du huitième de finale Adil Boulbina sont entrés en jeu.
Même si l’Algérie s’est montré plus volontaire offensivement, rien ne semblait pouvoir changer la donne. Dépités, les supporters ont quitté la terrasse d’un soir pour rejoindre les feux d’artifice tirés devant la bibliothèque de l’Alcazar. Quelques débordements ont eu lieu au niveau de la voie de tramway, avec quelques feux allumés et des fumigènes craqués, où les forces de l’ordre ont rapidement dispersé la foule avec des tirs de gaz lacrymogènes. Une soirée partie en fumée.
Salah permet à l’Égypte de rejoindre le dernier carré
Le dernier quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, entre l’Égypte et la Côte d’Ivoire (3-2), s’est déroulé dans la foulée de celui entre l’Algérie et le Nigeria. Les Pharaons, sept fois vainqueurs de la compétition, ont clairement affiché la couleur d’entrée de jeu. Marmoush à la quatrième minute, puis Rabia à la demi-heure de jeu, avaient pu permettre aux leurs de prendre une belle avance au tableau d’affichage. Mais les Éléphants, les tenants en titre, n’avaient pas dit leur dernier mot. Un but contre son camp de Fatouh a relancé le match. Malgré une possession de balle largement en leur faveur, les Ivoriens ont toutefois subi la dure loi de Salah, qui qualifie l’Égypte pour les demi-finales.