Donald Trump n’aime pas l’Afrique : lors de son premier mandat, en 2018, déjà, il traitait les pays du continent de « pays de merde » ; en décembre dernier, il récidivait, en utilisant le même terme, « shithole countries », qui peut se traduire littéralement, comme le précisait Libération, par « pays de merde », donc, ou encore par « trou à rat », « taudis », « porcherie ».

Dernière mesure en date pénalisante pour l’Afrique : en ce début d’année 2026, relève Afrik.com, « les conditions d’accès aux États-Unis se durcissent pour plusieurs pays. Dans une mise à jour publiée discrètement par le département d’État, l’administration Trump a élargi ses restrictions de voyage à 5 nouvelles nations du continent. Le Botswana, la République centrafricaine, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Namibie intègrent désormais la “liste orange”. (…) Avec ces nouveaux ajouts, précise le site, ce sont désormais 20 pays africains qui se retrouvent sous le coup de restrictions spécifiques imposées par Washington. La situation est encore plus critique pour 12 de ces nations, placées sur une “liste rouge” qui suspend quasi intégralement l’octroi de visas, sauf dérogation exceptionnelle servant les intérêts directs de la sécurité intérieure américaine ».

« La mesure la plus spectaculaire et la plus pénalisante de cette nouvelle politique, relève encore Afrik.com, réside dans l’exigence d’une garantie financière. Depuis le 1er janvier, les voyageurs originaires des pays ciblés doivent déposer une caution dont le montant varie entre 5000 et 15 000 dollars. Si les autorités américaines présentent cette somme comme un levier pour garantir que les visiteurs ne dépassent pas la durée légale de leur séjour, ce coût devient, dans les faits, un rempart infranchissable pour une grande partie des populations locales ».

« Quand Trump claque la porte, l’Afrique trinque »

Autre mesure qui impacte directement les pays africains, relève Jeune Afrique : « Donald Trump a signé, mercredi dernier, un mémorandum qui acte le désengagement immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales jugées contraires aux intérêts américains. Les activités de plusieurs d’entre elles sur le continent en seront directement affectées ».

Commentaire du site panafricain : « quand Trump claque la porte, l’Afrique trinque. » En effet, parmi les organisations désormais boudées par les États-Unis, figurent notamment la Commission économique pour l’Afrique, le Bureau du conseiller spécial des Nations unies pour l’Afrique et le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. Mais aussi le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou encore la CNUCED, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Le robinet de l’aide américaine coupé…

Qui plus est, rappelle pour sa part Le Monde Afrique, depuis l’année dernière, les pays du continent font « face au désengagement américain de l’aide au développement. (…) Depuis l’électrochoc Trump, ils apprennent à faire sans l’aide des États-Unis. De 15,9 milliards de dollars en 2024, on est passé à 8,3 milliards de dollars en 2025, soit une contraction de 52 %. (…) Washington, rappelle Le Monde Afrique, assurait à travers USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international, désormais dissoute, un tiers en moyenne des financements publics extérieurs. Programmes fermés du jour au lendemain, en priorité lorsqu’ils traitent de l’égalité de genre, d’accès à la contraception ou de lutte contre le changement climatique, ruptures d’approvisionnement de médicaments, de rations alimentaires, de semences, vagues de licenciements… La décision de Donald Trump a plongé des millions de personnes dans une situation de plus grande précarité et mis des vies en péril ».

En fait, précise le journal, « l’administration Trump a commencé à appliquer sa doctrine privilégiant le commerce plutôt que l’aide, déjà mise en avant lors du premier mandat du président républicain ». Et « plus encore qu’auparavant, les firmes américaines devraient être les bénéficiaires de cette redéfinition de la coopération ».

Enfin, note encore Le Monde Afrique, « sous Donald Trump, l’Afrique est devenue le réceptacle des étrangers dont les États-Unis ne veulent plus, en particulier d’auteurs de crimes, même ayant purgé leur peine. Sous la pression ou en échange de contreparties tenues secrètes, le Soudan du Sud, l’Eswatini et le Ghana ont accepté le transfert de quelques dizaines de personnes originaires d’Asie, d’Amérique latine, mais aussi du continent ».