L’organisation Icopren RDC dans la région de Bukavu et particulièrement sur l’île d’Idjwi travaille à la préservation de la biodiversité en développant des techniques de compost, en œuvrant à la reforestation et surtout en préservant une espèce rare sur l’ile le singe bleu… 

Idjwi est l’une des plus grandes îles lacustres du continent, située à l’est de la RDC, sur le lac Kivu. Elle est aussi riche de nombreuses cultures comme l’ananas, le café et le singe bleu, une espèce de primate menacé. Des singes que Hobereau Kitumaini au sein de son association, Icopren (Initiative Communautaire pour la Protection et la Restauration de la Nature en RDC), s’efforce de préserver. 

Basé à Bukavu mais originaire de l’île d’Idjwi, Hobereau est profondément attaché à la préservation de la flore et de la faune, et particulièrement à celle de ces singes bleus. « Idjwi est très attrayant. C’est une entité complètement touristique, qui regorge d’une biodiversité exceptionnelle. Notre activité principale est de sensibiliser les populations sur la protection des singes bleus. Il y a eu des cas de braconnage et nous avons trouvé que si l’on continue à braconner cette population, on devrait perdre trop d’individus liés à la biodiversité ».

Biodiversité exceptionnelle

« Nous le faisons parce que, d’abord, c’est un élément capital qui attire les touristes. Ça, c’est la première des choses. Deuxièmement, ces singes bleus donnent l’identité à l’international pour l’île d’Idjwi. C’est déjà quelque chose quand même qui attire le monde de l’environnement. Et c’est ainsi que nous, on est en train de faire ce genre d’activités de sensibilisation des jeunes et pour aussi les encadrer à faire de l’élevage afin qu’ils n’aient pas l’esprit de chercher de la viande en braconnant des singes bleus ». 

Hobereau Kitumaini

Hobereau Kitumaini © Icopren RDC

Hobereau, qui est également représentant du club RFI d’Idjwi, travaille au sein de son association avec une autre structure, l’ONG spécialisée dans la protection des singes en RDC, « Primate Expertise », dont Salomon Bazibuhé est l’un des représentants à Idjwi. 

« La population des singes bleus vit dans un site qui est fortement dégradé et autour du site vit une population humaine  vulnérable qui a besoin de moyens de subsistance pour améliorer leurs conditions de vie. Alors, en même temps que nous sommes en train de restaurer le site qui abrite les singes bleus, nous l’appuyons à une initiative de développement communautaire. C’est pourquoi souvent on a recours à Icopren RDC ou au Club RFI pour qu’ils nous accompagnent dans le cadre de la sensibilisation et sur l’ éducation environnementale. Lorsque j’ai commencé à « Primate Expertise », c’était en 2018 et à cette période-là, on comptait 50 singes, mais actuellement, les décomptes nous permet de recenser 100 individus actuellement. Et nous espérons, avec les efforts de conservation, que la population va s’améliorer au fur et à mesure ». 

Malgré des résultats encourageants, l’ambition d’Icopren est de permettre de sensibiliser encore plus les populations de l’île d’Idjwi sur l’importance de préserver cette espèce de chimpanzé. Pour cela, l’association est à la recherche de financement afin de créer des élevages de chèvres et de poules pour que les habitants d’Idjwi cessent de chasser la viande de brousse.