« Loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis », les jeunes ressortissants algériens se « trouvant à l’étranger en situation de précarité et irrégulière » vont-ils pouvoir rejoindre « leur mère patrie » ? C’est le souhait du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a lancé en Conseil des ministres ce dimanche « un appel » à ces jeunes, selon un communiqué relayé par l’Algérie Presse Service (APS), l’agence de presse publique algérienne.
La mesure concerne les milliers de personnes qui ont quitté ces dernières années le pays via la « harga », l’immigration clandestine, explique Jeune Afrique. Ces ressortissants sont depuis leur départ dans une double situation irrégulière : vis-à-vis de leur pays d’accueil, mais aussi vis-à-vis de leur pays d’origine. Car selon une loi votée en 2009, les Algériens qui quittent illégalement le pays risquent jusqu’à six mois de détention et leurs passeurs jusqu’à 20 ans de prison.
Le risque qu’ils soient « instrumentalisés par des milieux criminels mafieux »
« Ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, souffrent de pauvreté extrême et de misère, et sont réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays », ajoute la même source.
Ils peuvent également être « instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation, que ce soit dans le pays où ils se trouvent ou dans celui qu’ils ont quitté », peut-on également lire.
Par conséquent, le Conseil des ministres algérien a décidé ce dimanche « de régulariser la situation de ces Algériennes et Algériens, à condition qu’ils s’engagent à ne pas récidiver », annonce l’APS.
Sont exclus de cette mesure « les auteurs de crimes de sang, de trafic de drogue, de trafic d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à sa patrie, l’Algérie », précise l’agence. Elle indique que la « mise en œuvre des procédures liées à cette décision sera assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger jusqu’au retour des enfants d’Algérie vers leur mère patrie ».