
Crédit : Abdelmadjid Tebboune – Facebook
Une décision politique au sommet de l’État ? La décision a été prise dimanche 11 janvier, lors d’un Conseil des ministres présidé par Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’État a voulu répondre à une réalité sociale devenue pressante. Des jeunes Algériens vivent hors du pays sans statut stable, exposés à la pauvreté et à l’exploitation. Selon le communiqué officiel, beaucoup ont quitté l’Algérie après avoir été trompés, parfois instrumentalisés à des fins politiques.
Un appel direct aux jeunes concernés
Avant la fin de la réunion, le Président algérien s’est adressé directement à eux. Il évoque des parcours marqués par la peur et la confusion. « Le Président de la République a lancé un appel aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation de précarité et irrégulière, ayant été délibérément induits en erreur par des individus qui se croyaient capables de nuire à la crédibilité de l’État en les instrumentalisant à l’étranger contre leur pays », précise le communiqué.
Le texte insiste sur la nature des faits reprochés. « La plupart de ces jeunes n’ont commis que des infractions légères, comme la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou d’autres motifs similaires. »
Harga, entre désillusion et exploitation ?
Le Conseil des ministres pointe aussi les discours qui ont poussé certains à partir. « Il y a ceux qui voulaient utiliser les statistiques relatives à “la Harga” pour ternir l’image de l’Algérie dans le but de semer le désarroi parmi les jeunes, afin qu’ils quittent illégalement l’Algérie. »
Résultat : des jeunes isolés, coupés de leurs familles, contraints à survivre dans des conditions indignes. « Ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, souffrent de pauvreté extrême et de misère, et sont réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays. »
Une mesure encadrée et conditionnelle
Face à ces situations jugées dangereuses, l’exécutif assume une réponse politique. « De telles situations ne méritent pas toute cette peine car ces jeunes peuvent être instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation, que ce soit dans le pays où ils se trouvent ou dans celui qu’ils ont quitté. »
Le principe est clair. L’État régularisera la situation des Algériennes et des Algériens concernés, à condition d’un engagement formel à ne pas récidiver. La mesure a été validée en accord entre toutes les institutions de la République.
Le rôle central des consulats
La mise en œuvre sera assurée par les représentations diplomatiques. Les consulats d’Algérie accompagneront les démarches administratives, jusqu’au retour effectif vers le pays. L’objectif est assumé : permettre à ces jeunes de rentrer sans peur, ni humiliation.
Des exclusions strictes
La décision ne s’applique pas à tous. Le communiqué est sans ambiguïté. Sont exclus les auteurs de crimes de sang, les trafiquants de drogue ou d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers pour nuire à l’Algérie.