Adil Ettabaa
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10:55 – 13 janvier 2026

Le ministre de l’équipement et de l’eau Nizar Baraka a admis, lundi 12 janvier devant la Chambre des représentants, l’échec des travaux préparatoires relatifs au tunnel d’Ourika, ouvrage souterrain d’environ dix kilomètres destiné à relier Marrakech à Ouarzazate à travers le Haut Atlas. Cet aveu consacre la persistance d’obstacles techniques majeurs dans un projet longtemps présenté comme déterminant pour la continuité territoriale entre le Sud-Est et le centre du pays.

Prenant la parole lors des questions orales, le ministre a reconnu que l’administration demeurait entravée au stade fondamental de la connaissance du terrain, concédant que «les services concernés sont restés bloqués au niveau de l’étude technique» et que «l’identification précise de la nature géologique du site constitue un préalable incontournable». Il a indiqué que «deux marchés publics successifs, conclus avec des sociétés spécialisées, n’ont pas permis d’aboutir à une étude exploitable», consacrant de fait l’insuccès des démarches engagées.

Une expertise géologique inaboutie et l’appel à des sociétés étrangères

Le ministre a précisé que la complexité du sous-sol concerné imposait une rigueur scientifique délicate, relevant que «la détermination des formations géologiques conditionne tant la méthode de percement que l’évaluation financière du projet». Face à cette impasse, il a fait état de «propositions émanant de sociétés étrangères susceptibles de conduire cette étude décisive», tout en affirmant que «la réalisation du tunnel demeure un objectif maintenu».

Il a ajouté que l’estimation du coût global de l’ouvrage resterait indissociable de l’achèvement de ces investigations, soulignant que «la mobilisation des ressources financières ne saurait précéder la connaissance exacte du terrain».

Routes rurales et fragilités révélées par les intempéries

Abordant un autre volet de son intervention, M. Baraka a rappelé que son département poursuivait une politique de désenclavement du monde rural, indiquant que «le programme des routes rurales a permis la réalisation de 22 000 kilomètres» et qu’un dispositif spécifique prévoyait «l’entretien annuel de 500 kilomètres de routes non classées», appuyé par des conventions conclues avec les régions.

Évoquant les récentes précipitations pluvieuses et neigeuses, le ministre a indiqué que celles-ci avaient affecté «plus de 156 tronçons du réseau routier national, régional et provincial» entre le 12 décembre et le 7 janvier, provoquant crues, éboulements et glissements de terrain. Il a précisé que «l’accumulation de neige a atteint jusqu’à 3 mètres sur certains axes d’Azilal, Tinghir, Guercif, Taza et Boulemane», entraînant l’interruption de la circulation sur «88 routes, pour un linéaire dépassant 2 435 kilomètres».

Répondant aux critiques formulées par plusieurs députés, le ministre a affirmé que son département procédait «selon des indicateurs précis pour hiérarchiser les priorités de réparation», tout en rappelant que «la résorption des dégradations routières relève d’une action interministérielle».