La fin d’un parcours honorable. Voilà comment l’on pourrait résumer l’élimination de l’Algérie en quarts de finale de la CAN face au Nigéria samedi. Après avoir éliminé la RD Congo lors du tour précédent, les Fennecs n’ont pas existé face aux Super Eagles, largement dominateurs pendant 90 minutes. Un constat mi-figue mi-raisin à tirer pour les Algériens qui ont fait mieux que les dernières éditions, mais qui peuvent toujours faire beaucoup mieux pour aller chercher un troisième titre continental et rivaliser avec les meilleures sélections de leur continental. A six mois de la Coupe du monde, l’Algérie a de nombreux axes de progression qui peuvent commencer à être corrigés dans les prochaines semaines.
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Une animation offensive mieux huilée à trouver
L’un des premiers points positifs que l’on peut tirer de la campagne de l’Algérie à la CAN est la défense. Avec la complémentarité de la paire Bensebaini-Mandi, les Fennecs ont su faire le dos rond au moment où les autres équipes ont subi des vagues offensives. Avec l’éclosion de Rafik Belghali à droite et la présence d’Ait-Nouri et Hadjam à gauche, les hommes de Vladimir Petkovic ont un secteur défensif suffisamment garni pour être serein d’ici cet été. La compétition de Luca Zidane, rassurant sur sa ligne et intéressant au pied, est également très positive pour la suite. Et avec un Hicham Boudaoui taille patron, qui a gratté un nombre incalculable de ballons pendant trois semaines, la défense de l’Algérie n’est pas inquiétante.
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On ne peut pas en dire de même de l’attaque. Auteure de huit buts en cinq matches dans la compétition, l’Algérie n’a pas montré un allant offensif suffisant pour aller poser problème à n’importe quelle défense. Dans toutes leurs rencontres, hormis celles face au Soudan et la Guinée Equatoriale, les Verts n’ont pas réussi à marquer de buts sur des actions construites qui viennent après 10 voire 15 minutes de domination offensive. Un problème qui interroge sur le rôle des leaders d’attaque de cette équipe. Alors que Riyad Mahrez et Mohamed Amoura n’ont pas réalisé une grande compétition, les seuls éclairs sont venus d’un Ibrahim Maza qui n’a pas réussi à faire parler sa qualité technique sur des combinaisons.
Souvent en soliste, le milieu offensif algérien n’a pas trouvé de réels partenaires offensifs. Face au Nigeria, ce manque d’inspiration criant a été observé de manière flagrante. Malgré un Maza en jambes, les Fennecs n’ont pas existé offensivement tant Mahrez n’a pas été au niveau, Chaïbi a été inutile malgré ses efforts défensifs et Mohamed Amoura, 1m65 et 61 kilos, n’a pas existé contre Calvin Bassey, 1m86 et 81 kilos. Au final, l’Algérie n’a pas tiré une seule fois dans le cadre. Un problème d’animation offensive qui résulte aussi de choix tactiques qui interrogent. Car oui, à six mois de la Coupe du monde sur le continent américain, Vladimir Petkovic suscite toujours autant d’interrogations.
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Vladimir Petkovic est-il l’homme de la situation ?
Arrivé il y a près de deux ans, Petkovic a un bilan plus que satisfaisant avec les Fennecs (25 matches, 19 victoires, 3 matches nuls, 3 défaites). Et même s’il a permis un redressement sportif satisfaisant vu la fin du mandat Belmadi, les supporters algériens sont en droit d’en attendre plus vu la qualité à la disposition de l’ancien sélectionneur de la Suisse. Certains de ses choix ont d’ailleurs de quoi faire grincer des dents durant cette compétition. Alors qu’il n’aurait pas appelé Himad Abdelli dans un premier temps, Petkovic en a finalement fait devenir l’un des titulaires en puissance au milieu de la compétition. Ensuite, son incapacité à bien analyser les forces de ses adversaires avant chaque match pose question. Face à la robuste défense du Nigéria, Petkovic a quand même décidé d’aligner seul le volontaire, mais frêle Amoura à la pointe de l’attaque. Un profil à la Bounedjah aurait été beaucoup plus cohérent pour poser problème au Nigéria et organiser certaines attaques. Sa volonté, en permanence, de laisser Farès Chaïbi sur le terrain au détriment de profils beaucoup plus dangereux et créatifs comme Ibrahim Maza est aussi une faute professionnelle à ce niveau-là.
Tout comme sa décision de titulariser Ramiz Zerrouki, auteur d’une compétition intéressante, contre le Nigéria au profit d’un Abdelli performant face au Congo interroge. Même si l’idée d’aligner un autre récupérateur aux côtés de Boudaoui peut s’entendre, la titularisation d’un Adem Zorgane, plus assuré techniquement, aurait été plus judicieuse. La gestion du cas Mahrez, aussi, a de quoi interpeller tant le capitaine de l’Algérie semble être un poids mort pour cette équipe à certains moments. Anis Hadj-Moussa a montré des choses, mais il devra également en faire plus alors qu’Ilan Kebbal, excellent avec le Paris FC depuis le début de saison, n’a joué qu’une poignée de minutes au Maroc… Tant de questions offensives qui doivent être réglées et qui doivent aussi se ressentir via Petkovic. Frileux dans ses approches des rencontres, le sélectionneur de 62 ans n’a jamais su transcender son équipe et apporter ce supplément d’âme qui aurait pu faire la différence à un moment donné. Et alors que la Fédération algérienne de football a réitéré sa confiance à l’ancien sélectionneur de la Suisse pour les prochains mois, il va vite falloir que ce dernier trouve les solutions à tous les problèmes de son équipe pour ne pas vivre une deuxième désillusion, à la Coupe du Monde. Dès lors, son dernier joker sera épuisé.
Pub. le 13/01/2026 17:00
– MAJ le 13/01/2026 17:17