La Fédération algérienne de football (FAF) ne compte pas tourner la page sans explication. Ce lundi 12 janvier, elle a annoncé avoir déposé une plainte officielle auprès de la Confédération africaine de football et de la FIFA, accompagnée d’une demande d’ouverture d’enquête à propos du match Algérie-Nigeria qui a éliminé les fennecs en quarts de finale

Dans un communiqué publié sur X, l’instance a expliqué vouloir “clarifier les faits” et “prendre les mesures appropriées conformément à la réglementation en vigueur”.

Si la FAF a dit prendre acte du résultat sportif, elle a affirmé ne pas pouvoir ignorer certaines décisions arbitrales qui ont “soulevé des questions et provoqué un mécontentement généralisé”. Une démarche, qui traduit le malaise persistant autour de l’arbitrage depuis le début de la compétition.

#بيان
على إثر إقصاء المنتخب الوطني في الدور ربع النهائي من بطولة كأس أمم إفريقيا 2025، يودّ الاتحاد الجزائري لكرة القدم توجيه هذه الرسالة إلى أنصار المنتخب الوطني:
” مع الإقرار بنتيجة المباراة، يدعو الاتحاد الجزائري لكرة القدم كافة المناصرين الجزائريين إلى التحلي بروح التضامن… pic.twitter.com/1ncWGLbFg5

— Équipe d’Algérie de football (@LesVerts) January 12, 2026

Une main non sifflée au cœur de la polémique

Au centre de la contestation algérienne : une action survenue en début de match face au Nigeria. Sur un centre de Farès Chaïbi, le ballon semble heurter la main de Junior Ajayi dans la surface. Une situation qui, selon les Fennecs, aurait dû entraîner un penalty. L’arbitre sénégalais Issa Sy n’a pourtant pas bronché, pas plus que la VAR.

Dominée dans les grandes largeurs sur le terrain par la sélection nigériane emmenée par Victor Osimhen, l’Algérie a estimé néanmoins que cette décision a pesé lourd dans le scénario du match, finalement perdu 2-0 à Marrakech. Une frustration partagée par de nombreux supporters à l’issue de la rencontre qui ont crié au complot sur les réseaux sociaux.

D’autres comme l’influenceur marseillais Mohamed Henni, supporter de l’Algérie, qui cumule plus de 4 millions d’abonnés, ont fini par accepter la défaite. Dans une publication sur son compte TikTok il s’est insurgé : “les Algériens, on est en train de se taper la honte, comme d’habitude on se trouve des excuses. On est tombés sur dix fois plus forts que nous. Il ne faut pas s’en prendre à l’arbitre ou à la Fifa mais aux joueurs algériens”. 

Une enquête de la CAF… mais pas sur l’arbitrage

Dans son communiqué, la Fédération algérienne va plus loin, accusant l’arbitre de la rencontre d’avoir “porté atteinte à la crédibilité de l’arbitrage africain” et de ne pas servir “l’image du football africain sur la scène internationale”. Riyad Mahrez, capitaine des Fennecs, a lui aussi exprimé son agacement en zone mixte le samedi 10 janvier dernier. “Je déteste parler d’arbitrage après une défaite mais c’est vrai qu’il y avait penalty pour nous en première mi-temps, puis plein de fautes et cartons non sifflés”, a-t-il confié après la rencontre.

Avant ce nouveau dépôt de plainte, la CAF avait bien ouvert une enquête ce lundi 12 janvier, mais celle-ci porte uniquement sur les incidents survenus en fin de match et sur “le comportement” jugé “inacceptable” de certains “joueurs et officiels”. L’enquête vise plus précisément un début d’échauffourée qui a éclaté sur le terrain à la fin du match, où plusieurs joueurs et membres des staffs des deux équipes en sont presque venus aux mains. Une orientation qui n’a pas satisfait pleinement la FAF, laquelle a réclamé un examen précis des décisions arbitrales prises durant la rencontre. Ce décalage a alimenté un sentiment d’incompréhension côté algérien, qui a estimé que le fond du problème n’était pas traité.

Une CAN minée par les soupçons et les polémiques

L’affaire algérienne s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis le début de la CAN 2025, l’arbitrage a régulièrement fait débat. Selon Sport News Africa, la Fédération marocaine aurait même obtenu le changement d’arbitre avant son quart de finale face au Cameroun, ravivant les soupçons de pressions et d’arrangements en coulisses. 

@momoigwe237 ♬ son original – momoigwe237

L’idée d’un traitement favorable au pays hôte a aussi largement circulé, nourrie par des séquences polémiques et des déclarations médiatiques très commentées, comme celle du journaliste français Grégory Schneider dans L’Équipe du Soir, évoquant sur le ton de la provocation une Coupe “déjà promise” au Maroc.

Au-delà des théories et des accusations, une certitude demeure, de leur côté, les organisations officielles de football n’ont pas apaisé les tensions. Plusieurs situations litigieuses ont émaillé la compétition, concernant aussi bien le Maroc que ses adversaires. L’Equipe a observé ces matchs de plus près et a évoqué qu'”il y aurait eu pour le Maroc des penalties non sifflés contre le Mali, la Zambie et enfin sur Bryan Mbeumo, le Camerounais. Des cas controversés, il est vrai, mais des erreurs ont aussi été commises contre les Lions de l’Atlas. Face au Cameroun, une faute sur le talon de Abde Ezzalzouli et un coup de poing du gardien dans la surface sur Ismael Saibari ; devant la Tanzanie, un poing dans le visage d’Ayoub el-Kaabi et a minima un rouge oublié…”

Pour certains anciens acteurs du football africain, le problème tient moins à une volonté de nuire qu’à une utilisation encore approximative de l’assistance vidéo. Claude Le Roy, ancien sélectionneur a relativisé dans L’Equipe : “Cette faute sur Mbeumo, je ne la siffle pas non plus, assure Claude Le Roy ancien sélectionneur des Lions indomptables. Là, il arrive sur l’appui du défenseur, tu sens quand il va se dégager, je l’avais fait contre Marcel Aubour et il était fou furieux dix ans après. En revanche, il y avait rouge contre Nayef Aguerd sur le coup de coude. Et les Marocains peuvent avoir aussi deux penalties. Ce qu’il faut surtout dire, c’est qu’il n’y avait pas photo entre les deux équipes.”

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