Il aligne les records de précocité au Maroc. Titi parisien formé au PSG et passé par les sélections de jeunes de l’équipe de France, le prospect Ibrahim Mbaye fait le bonheur du Sénégal avec des entrées en jeu décisives durant cette CAN, dont sa sélection dispute les demi-finales mercredi 14 janvier contre l’Égypte au grand stade de Tanger (18 heures).

Appelé pour la première fois en novembre, l’ailier droit est devenu le plus jeune Sénégalais de l’histoire à disputer une Coupe d’Afrique, à 17 ans et 10 mois après son entrée en jeu contre le Botswana (3-0), lors de la première rencontre de la phase de groupes. Très vite, il s’est mué en un “supersub” (“super remplaçant”) incontournable, apportant fougue et vitesse à chacune de ses sorties de banc.

Lors du deuxième match de groupe face à la République démocratique du Congo (1-1), c’est un de ses déboulés repoussé par le gardien Lionel Mpasi qui a conduit à l’égalisation de Sadio Mané. La star de la sélection et idole du jeune Parisien, y était allé de ses compliments après la rencontre : “À 17 ans, à ce niveau, je pense que c’est impressionnant. Il a un bel avenir devant lui, c’est un joueur exceptionnel”. 

Plus jeune buteur du Sénégal dans une CAN

“C’est une chance d’avoir un jeune joueur comme Ibrahim qui est en train de montrer des bonnes choses et de gagner des titres”, lançait récemment son sélectionneur Pape Thiaw. “À 17 ans, un joueur rêve seulement de devenir professionnel. Aujourd’hui, il a déjà dans sa valise une Ligue des champions. Mais il arrive aussi dans un groupe où c’est une chance pour lui de trouver des gens comme Sadio Mané qui ont tout gagné. Maintenant, il faut bien le couvrir, c’est un joyau, on le sait. On sait ce qu’il peut apporter à cette équipe.”

Ibrahim Mbaye ne s’est pas laissé griser par ce nouveau statut. Entré en jeu à la mi-temps lors du dernier match de groupe face au Bénin, il a récidivé d’une nouvelle incursion dans la défense, provoquant un penalty transformé par Cherif Ndiaye qui a alourdi le score (3-0), pour valider la première place de la poule.

Et ce, avant de devenir le plus jeune joueur à marquer un but à la CAN au XXIe siècle, le plus jeune buteur sénégalais dans la compétition tout court, en mettant les siens à l’abri lors du huitième de finale contre le Soudan (3-1), trois minutes après avoir foulé le pré.

De quoi devenir la coqueluche des supporters et de ses coéquipiers. Dès son premier rassemblement à l’automne, il s’était illustré par son Leumbeul, une danse traditionnelle wolof, qui a provoqué l’hilarité de ses partenaires et le buzz sur les réseaux sociaux. Le tout ponctué de deux passes décisives et une réalisation face au Kenya, pour sa deuxième sélection et sa seule titularisation à l’heure actuelle.

En 2023, “il y a eu la découverte de Lamine Camara [aujourd’hui à Monaco] qui a fait vraiment une excellente CAN… Espérons qu’Ibrahim fera ça aussi”, déclarait Pape Thiaw avant le début de phase éliminatoire, ajoutant : “Il fait des bouts de match, à chaque fois qu’il rentre il donne le meilleur de lui-même, On sait qu’il a du talent, c’est pour ça qu’on est allé le chercher.”

“Bientôt une bombe atomique”

Le choix d’Ibrahim Mbaye – né à Trappes en banlieue parisienne et qui a représenté la France des U16 aux U20 – de rejoindre les Lions, au moment même où il se met en lumière sous le maillot du PSG de Luis Enrique, a surpris. Il était pourtant murement réfléchi. Il n’y a jamais eu de débats dans la tête de l’attaquant, selon son entourage. Fier de ses origines héritées de son père, attaché à son nom, “Ibrahim a voulu jouer pour le Sénégal”, a expliqué Pape Thiaw, qui parvient à attirer des binationaux sans spécialement mettre en place une politique pour cela, comme peut le faire la Fédération marocaine, avec laquelle il était d’ailleurs éligible via sa mère.
Au vu des difficultés de son club en ce début 2026, contraint à un retour in extremis lors du Trophée des champions jeudi contre l’OM (2-2, t.a.b. 4-1) puis battu en Coupe de France par le voisin du PFC lundi (0-1), Ibrahim Mbaye aurait pu faire du bien aux Rouge et Bleu. Auteur d’un début de saison remarqué, il a disputé 14 rencontres toutes compétitions confondues avec la formation de la capitale, marquant face à Rennes au Parc des Princes, le 6 décembre.

Auteur de deux passes décisives contre Metz la semaine suivante, juste avant de rejoindre sa sélection, “il est apparu plus libéré dans son jeu, s’est senti à l’aise et a pris des initiatives remarquables”, s’était alors réjoui son entraineur, Luis Enrique. “Il joue déjà au PSG, plus haut que ça je ne connais pas”, lançait encore le coach mi-décembre, à son sujet. “Il a une vitesse prodigieuse, il sera bientôt une bombe atomique”, prophétisait en octobre auprès de l’AFP Pierre-Yves Bodineau, son ancien coach au centre de préformation où il a suivi les prometteurs gamins nés entre 2005 et 2009, concédant toutefois qu'”il lui faut encore quelques matches pour prendre totalement ses marques”.

Exactement ce qu’a fait Ibrahim Mbaye. Dans un remake de la finale de 2022 gagnée par le Sénégal face à l’Égypte de Mohamed Salah, réputée rugueuse défensivement et souvent capables de tuer le rythme des rencontres, une nouvelle entrée du feu follet pourrait faire du bien aux partenaires de Moussa Niakhaté. Voire éviter de passer par une irrespirable séance de tirs au but, comme lors des deux derniers affrontements remportés face aux Pharaons.

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