Face à la recrudescence des agressions après les combats de lutte, l’État durcit les règles du jeu. À l’issue d’une réunion de concertation tenue le 7 janvier, le gouverneur de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé une batterie de mesures fermes pour sécuriser les combats de lutte. Entre l’exigence de plans de sécurité détaillés, la régulation stricte des « open press » et l’instauration de sanctions allant jusqu’aux poursuites judiciaires, les autorités entendent restaurer l’ordre public et la responsabilité des acteurs de ce sport national.
L’État hausse le ton et sort le bâton. Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a présidé, mercredi 7 janvier, à la gouvernance, une réunion de concertation consacrée à la prévention des risques et à la sécurisation des combats de lutte. Cette rencontre était consacrée à l’organisation des combats de lutte dans la région de Dakar, au regard des exigences liées au maintien de l’ordre public, à la sécurité des personnes et des biens. Plusieurs décisions ont été arrêtées et auront force exécutoire. La première série de mesures porte sur les conditions d’autorisation des combats de lutte.
Désormais, l’octroi des licences aux promoteurs et aux lutteurs sera soumis à des critères précis, transparents et vérifiables, incluant, notamment l’exigence de moralité, le respect de l’ordre public et l’engagement formel à se conformer aux lois et règlements en vigueur. Aucun combat ne sera autorisé sans la production et la validation préalables d’un plan de sécurisation détaillé.
La jauge maximale des arènes sera strictement fixée et ne pourra être dépassée, en concertation avec les forces de l’ordre. Les modalités de billetterie, d’accès et de gestion des flux devront être clairement définies et rigoureusement contrôlées. Par ailleurs, l’autorisation des « open press » et des face-à-face sera désormais subordonnée à une évaluation préalable des risques et au respect strict des prescriptions des autorités administratives et sécuritaires. La deuxième catégorie de mesures concerne la sécurité.
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Le contrôle des entrées sera renforcé, avec l’interdiction formelle d’introduire de l’alcool ou des objets dangereux. Un dispositif de sécurité gradué, visible et mobile sera mis en place sous la coordination des forces de sécurité.
Le déploiement obligatoire d’un dispositif de secours et d’intervention d’urgence, en lien avec les sapeurs-pompiers, est également prévu. La sécurisation des abords et des itinéraires menant aux arènes sera renforcée, avec un accent sur la lutte contre la surcharge et le transport irrégulier de personnes, afin de prévenir les accidents et les troubles à l’ordre public. La troisième catégorie de décisions concerne la responsabilisation des acteurs de la lutte.
Les promoteurs devront assurer la discipline interne, collaborer étroitement avec les forces de l’ordre et diffuser des messages de sensibilisation avant et pendant les combats. Les lutteurs, leur encadrement, les leaders d’opinion et les amateurs sont invités à adopter des discours et des comportements apaisants afin de prévenir toute tension. La quatrième catégorie porte sur les sanctions. Tout manquement entraînera le retrait immédiat de l’autorisation du combat, la suspension ou l’interdiction d’organiser des combats ultérieurs, ainsi que des poursuites administratives et judiciaires, le cas échéant.
Un dispositif de suivi et d’évaluation sera mis en place sous l’autorité du préfet du département de Pikine ou du préfet territorialement compétent pour les autres départements. Une évaluation systématique sera réalisée après chaque combat afin d’identifier les failles et d’y apporter les corrections nécessaires. Ces mesures entreront en vigueur dès leur diffusion et seront partagées avec la presse ainsi qu’avec l’ensemble des acteurs concernés. Elles sont motivées, selon le gouverneur, par la volonté de mieux organiser les combats de lutte et de mettre un terme aux violences observées.