Dans un article récent, intitulé «le coaching, une affaire de panafricanisme», on évoquait la percée ces dernières années des entraîneurs africains au niveau des sélections. Après les joueurs, c’est au
tour des entraîneurs expatriés de se faire une place sur les bancs des différentes sélections et avec succès. En effet, les trois dernières éditions ont été gagnées par des entraîneurs africains : Djamel Belmadi avec l’Algérie (2019), Aliou Cissé avec le Sénégal (2021) et Emerse Fae avec la Côte d’Ivoire (2023).

L’édition de 2025 n’échappera pas à cette nouvelle tendance. A coup sûr, l’équipe qui soulèvera le trophée au soir du 18 janvier prochain, sera drivée par un technicien africain, puisque pour la première fois dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), les quatre demi-finalistes sont dirigés par des «continentaux». Vladimir Petkovic, le sélectionneur de l’Algérie, et le Belge Tom Sainfilt, celui du Mali ayant quitté la compétition aux quarts de finale.

La Confédération africaine de football a, d’ailleurs,relevé cette tendance croissante du football, celle des entraîneurs, souvent jeunes, qui ne se contentent plus de rivaliser au plus haut niveau, mais contribuent à la consécration de leurs nations respectives et surtout à façonner l’avenir du sport-roi africain. Mieux encore, ces entraîneurs ont démontré leur savoir et leur savoir-faire au plus haut niveau et à moindre coût. Comparés à un Vladimir Petkovic, le plus cher sélectionneur du continent avec un salaire de 135 000 euros/mois, le futur champion ne dépassera pas le seuil des 70 000 euros, (le salaire du sélectionneur des Lions de l’Atlas Walid Regragui).

Les autres sélectionneurs émargent à moins, avec Éric Chelle (Nigeria) : 50 000 euros/mois ; Hossam Hassan : 30 000 euros/mois et Pape Thiaw : 20 000 euros/mois. Les trois derniers cités ont qualifié leurs sélections respectives au Mondial-2026. Et selon les investigations de Botola, aucun n’a perçu une aussi énorme prime (500 000 euros) que Vladimir Petkovic, qui a entamé le parcours avec déjà 6 points dans son escarcelle.

Pour de nombreux observateurs, l’apport des entraîneurs africains va au-delà des aspects technico-tactiques. Il concerne d’autres aspects comme la cohésion, la discipline et la compréhension des mentalités, des mœurs et de la culture africaine. Un entraîneur national, de surcroît un ancien international, saura trouver les mots justes, les références et la méthode pour motiver ses troupes. Toucher à leur corde sensible s’il le faut, à se montrer réactif à des moments cruciaux. Des subtilités que le technicien étranger mettra plus de temps à décoder.

Aujourd’hui, on peut dire avec beaucoup de fierté que les entraîneurs africains dominent le football sur leur propre continent en attendant de se déployer ailleurs qu’en Asie… En Europe plus précisément !