Sans surprise mais avec éclat, la CAN 2025 tient son dernier carré. Maroc, Sénégal, Nigeria et Égypte incarnent l’élite actuelle du continent.

L’édition 2025 de la Coupe d’Afrique des nations n’a pas déjoué les pronostics. Passé le cap des quarts de finale, le tournoi offre un plateau final presque idéal : le Maroc, pays hôte, le Sénégal, champion en titre récent, l’Égypte, référence historique, et le Nigeria, puissance renaissante. Un dernier carré révélateur d’une tendance lourde : la montée en compétences du football africain, incarnée aussi par un fait marquant – les quatre demi-finalistes sont dirigés par des sélectionneurs africains.

Place donc, aux demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations ce mercredi 14 janvier, avec pour commencer : Sénégal – Égypte. La rencontre se déroulera au Grand Stade de Tanger, d’une capacité de 75.500 places.

La deuxième demi-finale opposera le Maroc au Nigeria, début à 21 h, au stade du Prince Moulay Abdellah, d’une capacité de 53.000 places.

Sénégal – Égypte : le choc des héritages

Favori sur le papier, le Sénégal retrouve une Égypte toujours redoutable. Entre puissance actuelle et culture de la victoire, l’équilibre est fragile.

Statistiquement impressionnant depuis le début du tournoi, le Sénégal avance avec assurance mais sans arrogance. Les Lions de Pape Thiaw savent qu’ils devront élever leur niveau pour contenir l’expérience égyptienne. Face au Mali, réduits à dix, ils ont gagné sans totalement se rassurer. Un signal à corriger avant d’affronter les Pharaons.

Côté égyptien, Hossam Hassan a redonné une ossature compétitive à une sélection en quête de stabilité depuis 2022 : « L’Égypte est habituée à ces rendez-vous. Nos joueurs savent gérer ces matchs. »

Pape Thiaw se montre lucide : « L’Égypte sait bien défendre et est très dangereuse en transition. Nous avons travaillé pour éviter de leur laisser des espaces. »

Face à l’idée d’un Sénégal devenu bête noire, Hossam Hassan tranche : « Il n’existe pas de bête noire dans le football. Nous sommes sept fois champions d’Afrique. »

Entre le favori du moment et le géant historique, la demi-finale promet un duel d’intelligence, de discipline et de nerfs.

Maroc – Nigeria : le test grandeur nature

Porté par son public, le Maroc affronte un Nigeria flamboyant. Un choc de styles et d’ambitions, sans favori évident malgré l’avantage du terrain.

En quête de finale à domicile, le Maroc poursuit sa montée en puissance. Tombeurs du Cameroun, les Lions de l’Atlas affichent un contenu plus abouti, mais devront franchir un cap face à la sélection la plus spectaculaire du tournoi : le Nigeria d’Eric Chelle. Revanchards et libérés, les Super Eagles ont marqué les esprits en infligeant une lourde défaite à l’Algérie. Victor Osimhen, Ademola Lookman et Moses Simon incarnent une attaque redoutable.

Walid Regragui assume le défi : « Sénégal, Égypte, Maroc, Nigeria, ce sont les quatre meilleures équipes du continent actuel. C’est la CAN la plus relevée possible. »

En face, Eric Chelle prévient : « Chaque match est plus difficile que le précédent. On joue comme si c’était le dernier. »

Avant d’ajouter, non sans ironie, une piste tactique inattendue : « On va peut-être laisser le ballon au Maroc et les attendre. Ils sont en difficulté face à un bloc bas. »

Un neuvième duel Maroc–Nigeria, le plus prestigieux de leur histoire commune.

Stars continentales, entraîneurs confirmés, infrastructures modernes : cette CAN marque un tournant. Moins d’exploits improbables, plus de football maîtrisé.Un signe de maturité. Et peut-être le prélude à une nouvelle ère, où le très haut niveau devient la norme plutôt que l’exception.