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Publié le
14 janv. 2026 à 17h28
Être l’éducateur des U16 de la Berrichonne de Châteauroux n’empêche pas Emmanuel Imorou de suivre la Coupe d’Afrique des Nations avec une certaine assiduité. « Si pendant quelques jours, j’ai été intervenant pour Winamax, je reste un spectateur lambda, tempère-t-il. Avec quatre matchs par jour, ce n’était pas évident de tous les suivre. Cela dépend vraiment de mon emploi du temps mais les matchs que je ne peux pas voir, soit j’en regarde le résumé, soit j’en suis le score sur les applications. »
Ses favoris ? D’abord, le Nigéria, qualifié pour les demi-finales de la compétition après sa victoire contre l’Algérie.
Une équipe qui, avec ses deux attaquants [Lookmann, Osimhen, ndlr], m’a fait très forte impression. Le seul regret qu’on peut avoir, c’est qu’il n’y ait pas eu une seule surprise. Les phases de poules ont été comme un échauffement pour les grosses équipes. Sur les matchs à élimination directe, avec le stress et les émotions, on est entré dans autre chose.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
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Autre favori, le Sénégal, récent vainqueur du Mali. « Avec de très bons joueurs à chaque ligne, l’équipe la mieux armée et la plus cohérente« . Au tout début de leur parcours, les Lions de la Teranga avaient justement croisé la route des Écureuils du Bénin dont Emmanuel Imorou a porté les couleurs pendant près d’une décennie (2010-2019).
« Je m’attendais à plus. Comme nous n’avions aucune pression sur ce match, j’aurais aimé que nous montrions davantage de jeu. Je suis un peu déçu. » Pour les troupes de Gernot Rohr, battues par l’Égypte dès les huitièmes de finale, la Coupe d’Afrique des Nations est d’ores et déjà terminée. Un parcours néanmoins historique. En dominant le Botswana grâce à un but de Yohan Roche, le Bénin a, en effet, décroché la première victoire de son histoire dans la compétition.
Nous aurions eu tout à gagner à créer la surprise mais le premier objectif, à savoir sortir des poules, a été atteint. Avoir à disputer un troisième match sans enjeu, pour nous, c’était un vrai luxe. Quelque chose de très fort.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
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« Un grand moment de ma carrière »
Retour au 5 janvier 2010. Sur la pelouse du Stade de l’Amitié (Cotonou), Emmanuel Imorou honore la première de ses vingt-trois sélections au terme d’un match amical difficilement remporté contre la Libye.
Je n’étais jamais été là-bas mais c’est tout de même le pays de mon père. J’avais déjà eu quelques contacts quand j’étais au centre de formation. Ils s’étaient intensifiés quand j’étais passé professionnel mais, à l’époque, ma priorité était de gagner du temps de jeu avec mon club.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
À savoir le Gueugnon FC qui, dans la douleur, redécouvre le National. « Le club, c’est notre quotidien alors qu’avec la sélection, on ne joue pas que pour soi. C’est difficile à décrire. Les hymnes sont toujours un moment très fort. Avec tout ce que cela représente, c’en est difficile à expliquer. »
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Dans le vestiaire, il retrouve un ancien Malherbiste, Jordan Adéoti, qui, depuis, fait les beaux jours de l’AJ Auxerre. « Plusieurs d’entre nous commençaient à avoir une carrière cohérente. Renforcée par plusieurs jeunes joueurs, cette génération jouait ensemble depuis quelques années. Nous nous connaissions parfaitement. »
Les Guépards du Bénin – telle que l’équipe a été rebaptisée en 2021 – sont alors emmenés par le milieu de terrain du Paris SG, Stéphane Sessegnon. « Il portait l’équipe sur son dos. Sachant que nous n’avions pas le collectif que peuvent avoir les grandes nations du continent. Il avait de l’impact sur nos adversaires. Ses qualités individuelles lui permettaient de nous sortir de situations difficiles. »
Comme face aux Fennecs algériens que les Béninois battent au cours des phases qualificatives de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 qui doit faire escale en Égypte. Habituellement buteur, il se mue en passeur décisif pour Sessi d’Almeida.
Stéphane était capable de ce genre d’exploit pour qu’un match comme celui-ci bascule en notre faveur. Un grand moment de ma carrière. L’Algérie, ce n’est pas un adversaire lambda. Ce n’est pas tous les quatre matins qu’on a une chance de gagner contre elle.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois« Comme une récompense »
Un exploit annonciateur. Avec trois matchs nuls (Ghana, Guinée, Cameroun), le Bénin parvient à s’extirper de la phase de groupes.
Ce qui était l’objectif qu’on s’était donné. On savait qu’avec une seule victoire, la place de meilleur troisième était à notre portée. On avait tout misé sur le deuxième match, contre la Guinée, et, finalement, on était déçu du résultat. On avait le sentiment d’avoir laissé passer notre chance.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
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Une première pour le pays en quatre participations au tournoi. « Nous étions dans notre bulle. Même si nous n’étions pas sur place, en voyant des vidéos sur les réseaux sociaux, on a compris qu’il se passait quelque chose chez nous. » Cerise sur le gâteau : bien que réduits à dix, les coéquipiers d’Emmanuel Imorou sortent le Maroc en huitièmes de finale. Hakim Ziyech avait notamment raté son pénalty.
Ce match, c’était comme une récompense pour nous. Il restera gravé dans ma mémoire. Face à une belle équipe, on avait bien tenu et bien bataillé. Je tombe encore sur des vidéos ou on m’envoie encore des messages pour m’en parler. C’est toujours très beau et très sympa.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
Avant d’être finalement éliminé, au tour suivant, par le Sénégal. « Ce qui n’est, au fond, pas une surprise. Ce match, si on le joue dix fois, on le perd dix fois même si, sur les matchs à élimination directe, tout est possible. La Zambie l’avait bien fait. Pourquoi pas nous ? Il faut prendre du recul. Il y a bien d’autres matchs qui m’ont laissé plus de regrets. Comme la relégation avec le SM Caen qui m’a longtemps tracassé. »
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Le retour à la réalité est enfin loin d’être facile. Pour le pays d’abord. « Est-ce que notre statut a changé ? Pas sûr. Pour cela, il faudra se qualifier et sortir des poules à chaque Coupe d’Afrique. Il nous reste encore du travail. Nous restons une petite nation qui n’a pas les structures d’un grand pays. Nous partons de plus loin ». »
Et pour Emmanuel Imorou, lui-même en fin de contrat avec le SM Caen cette année-là.
J’ai bien eu quelques opportunités. En Iran, en Grèce ou en Hongrie mais rien qui ne m’ait intéressé. J’ai quitté le monde professionnel alors que cela aurait pu m’ouvrir plus de portes.
Emmanuel Imorou, ancien international béninois
Il rebondira finalement au Cercle Bruges puis à l’Evian-Thonon GGFC.
Par notre correspondant Quentin LEMOINE
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