L’Algérie poursuit ses investissements dans les infrastructures de base. Travaux publics, transports, hydraulique, énergie, mines… : tous les secteurs ont été inclus dans cette stratégie à travers des mégaprojets structurants battant le record continental voire mondial, pour certains, par leur envergure et leurs capacités.
Pour l’année 2026, les crédits de paiement d’un montant de 889,8 milliards de dinars (près de 7 milliards de dollars) ont été ouverts, au titre du budget de l’État, par la Loi de finances 2026, et mis à la disposition du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, selon le décret présidentiel n° 26-47 du 7 janvier 2026 portant répartition des budgets par secteurs, signés par le président de la République Abdelmadjid Tebboune.
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Cet argent est destiné à la réalisation de tous les projets identifiés afin d’améliorer davantage les conditions de vie du citoyen et de lui assurer le confort nécessaire dont il a besoin.
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C’est ainsi que l’État algérien a consacré pour la réalisation des projets d’infrastructures routières et autoroutières une enveloppe de 378.891.018.000 Dinars, soit 3 milliards de dollars US. De ce montant, 110.194.210.000 dinars sont destinés au développement des infrastructures routière et 155.973.760.000 dinars à l’entretien routier et 112.723.048.000 dinars au développement et l’entretien des autoroutes.
Maintenance de 2.300 km de routes nationales et de chemins de wilaya en 2025
L’année 2025 s’est achevée à travers « la réalisation d’interventions qualitatives, couronnées par la livraison d’un nombre important de projets vitaux, dans le cadre du programme de maintenance », a précisé un communiqué du ministère des Travaux publics.
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Au total, 2.300 km de routes nationales et de chemins de wilaya ont bénéficié, dans ce cadre, d’opérations de maintenance au cours de l’année 2025, selon le bilan du ministère.
Il a été procédé également au parachèvement de la réhabilitation de 24,4 km de voies autoroutières dégradées sur différents tronçons dans dix wilayas, note le ministère, ajoutant que 365 mètres linéaires de joints de dilatation vitaux ont été remplacés au niveau des autoroutes dans les wilayas de Aïn Defla, d’Alger, de Boumerdès et de Constantine, afin de garantir la durabilité de ces infrastructures essentielles.
De plus, une étude d’expertise technique a été menée sur 51 km du réseau autoroutier à travers les wilayas d’Alger, de Blida, de Boumerdès et de Bouira, ce qui a permis d’établir un diagnostic précis et de définir les futurs axes d’intervention prioritaires.
Outre les projets réceptionnés, les travaux se poursuivent pour la rénovation de 16,3 km de voies autoroutières dégradées, le remplacement de 1.791 mètres linéaires de joints de dilatation sur plusieurs ouvrages d’art du réseau autoroutier et la maintenance de 1.800 km de routes nationales et de chemins de wilaya.
Le ministère fait savoir que ces efforts se poursuivront en 2026, à travers le lancement d’un programme d’investissement, visant à moderniser et à renforcer l’ensemble des infrastructures routières et autoroutières.
À ce titre, le secteur s’apprête à lancer des opérations de renforcement sur 51 km d’autoroutes, 1.000 km de routes nationales et 100 km de chemins de wilaya.
Ces opérations s’accompagnent de travaux de renouvellement sur 600 km de routes nationales et 500 km de chemins de wilaya.
La maintenance des ouvrages d’art bénéficie, elle aussi, d’une « priorité absolue », a relevé le ministère, qui a programmé des interventions au niveau de 120 ouvrages d’art sur le réseau de routes nationales et de 60 ouvrages d’art sur le réseau de chemins de wilaya.
Le programme de l’année 2026 prévoit, en outre, l’élimination de 29 points noirs pour limiter les risques d’accidents, la remise en peinture des signalisations horizontales sur le réseau de routes nationales (31.000 km), et le remplacement de 2.832 mètres linéaires de joints de dilatation sur différents ouvrages d’art du réseau autoroutier.
Une enveloppe d’environ 3,2 milliards de dollars US pour les chemins de fer et le métro
Concernant les programmes tracés pour les infrastructures ferroviaires et transports guidés, l’État algérien a dégagé une enveloppe de 413 202 080 000 Dinars soit 3,2 milliards de dollars US dont 377.350.546.000 dinars soit 3 milliards de dollars US sont dédiés au développement des infrastructures ferroviaires et 35.851.534.000 de dinars aux infrastructures de transports guidé (métro et tramway).
Parmi les projets d’envergure lancés ces derniers mois, l’on note la réalisation du mégaprojet de la ligne ferroviaire minière reliant Bechar, Beni Abbes, Tindouf et Gara Djebilet sur 950 km, considérée comme l’un des chantiers les plus importants de l’année 2025 et un levier fondamental pour l’industrie et l’économie nationale. Sa réalisation a battu tous les records.
Ligne ferroviaire minière reliant Bechar et Gara Djebilet sur 950 km
« C’est la première ligne ferroviaire de fret lourd jamais construite à travers un désert en Afrique », a affirmé le géant chinois du secteur, China Railway Construction Corporation (CRCC) dans un communiqué. La pose complète des voies de la Ligne ferroviaire minière de l’Ouest algérien a été achevée mardi 30 décembre 2025, a annoncé l’entreprise chinoise.
Longue de 575 kilomètres, ce tronçon, le plus grand projet ferroviaire réalisé par une société chinoise en Algérie, a été construit conjointement par la CRCC et des entreprises publiques algériennes.
Il s’agit du troisième tronçon, divisé en deux segments : de la borne kilométrique 200 à Oum El Assel (440 km) et de Tindouf à Gara Djebilet (135 km).
« Grâce à une planification optimisée et à une étroite coordination bilatérale, la pose des voies a été achevée avec trois mois d’avance sur le calendrier », a précisé la société CRCC dans un communiqué.
La ligne ferroviaire reliera la wilaya de Béchar au gisement de minerai de fer de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, formant un corridor de transport stratégique reliant les zones minières, les zones industrielles et les ports.
L’autre record battu par ce mégaprojet a trait au viaduc ferroviaire réalisé sur l’oued Daoura dans la région de Tindouf. D’une longueur de 4,1 km, il est désormais le plus long pont ferroviaire d’Algérie et d’Afrique.
Il est à rappeler que les essais techniques préliminaires sur la ligne ferroviaire minière ouest, reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet, ont débuté, le 6 janvier 2026, à l’aide d’une locomotive spécialement équipée pour le transport de passagers, a annoncé l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF)
Plus de 22 km d’ouvrages d’art ont déjà été réalisés, et sept gares ferroviaires ont été finalisées, s’étendant d’El Abadla à Hammaguir, en passant par Tabelbala, Hassi Khebbi, Oum El Assel, la gare de Tindouf et celle de Gara Djebilet.
L’on a affirmé également l’achèvement total des travaux de 45 viaducs ferroviaires, réalisés au titre de ce mégaprojet ferroviaire.
D’autres projets ferroviaires stratégiques sont également programmés par l’État dans le but d’atteindre entre 12 000 et 15 000 km de réseau d’ici 2035, incluant le maillage du territoire et le désenclavement du Sud. L’on peut citer la ligne minière de l’est entre Tébessa et Annaba pour le transport du phosphate de Bled El Hadba sur 450 km, le chemin de fer Nord-Sud, le projet majeur pour relier Alger à Tamanrasset sur une distance de 2.406 km pour relier le Nord au Sud et connecter aux frontières.
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le financement de la première phase de ce projet stratégique de la ligne ferroviaire Laghouat- Ghardaïa- El Menia avec l’octroi d’un prêt de 747,32 millions d’euros à l’Algérie.
Un crédit de paiement d’une valeur de 17.811.991 000 de dinars a été accordé aussi pour les projets d’infrastructures aéroportuaires dont 13.424.808.000 de dinars pour le développement de celles-ci et 4.387.183 000 de dinars pour leur maintenance.
Le plan d’action du secteur prévoit l’entretien et le renforcement des aérodromes, et l’amélioration des caractéristiques techniques et structurelles des tarmacs et de leurs installations annexes. Le secteur œuvrera à développer les infrastructures en phase avec l’évolution du transport maritime, à protéger le littoral et à moderniser les infrastructures maritimes dédiées à la pêche et aux loisirs, tout en assurant l’entretien des ports commerciaux.
Des investissements contre le stress hydrique
Sur un autre registre, l’Algérie continue d’accorder toute l’importance à l’alimentation en eau potable au profit de la population afin d’atténuer un tant soit peu le stress hydrique auquel elle fait face chaque année.
Un budget global de l’ordre de près de 531 milliards de dinars a été attribué au secteur de l’hydraulique, en hausse de 65 % par rapport à 2025. Pour la mobilisation des ressources en eau et de la sécurité hydrique, le ministère de tutelle en exploitera un montant de 108.342.804.000 DA soit 830 millions de dollars US. De ce total, il réservera 64.096.115.000 de dinars à la mobilisation des ressources en eau conventionnelles et 44.246.689.000 à l’eau non conventionnelle.
Une enveloppe de 292.310.691.000 de dinars soit 2,2 milliards de dollars US sera consacrée également à l’approvisionnement en eau potable et industrielle à travers l’adduction et les réseaux de distribution en eau potable et industrielle.
Du budget alloué au secteur, un financement de 18.116.664.000 de dinars sera accordé à l’hydraulique agricole dont 17.157.313.000 DZD pour les périmètres irrigués. D’une enveloppe de 97.574.422.000 DA réservée à l’assainissement et à la protection du milieu naturel, le ministère de l’Hydraulique attribue 92.305.217.000 de dinars pour les réseaux d’assainissement et les systèmes d’épuration.
Ainsi, au titre de la mobilisation des ressources en eau et de la sécurité hydrique, le programme proposé pour l’année en cours prévoit 67 nouvelles opérations pour un montant dépassant 43 milliards de DA, en plus de la réévaluation de 8 opérations pour un montant dépassant 650 millions de DA.
Pour l’approvisionnement en eau potable et industrielle, il est prévu 187 nouvelles opérations pour un montant dépassant les 113 milliards de DA, ainsi que la réévaluation de 27 opérations pour un montant supérieur à 44 milliards de dinars.
Quant à l’assainissement et la protection de l’environnement, 67 nouvelles opérations ont été inscrites pour un montant de plus de 49 milliards de DA, avec la réévaluation de 15 opérations pour un montant de 6 milliards de dinars.
Dans le domaine de l’irrigation agricole, le programme comprend 30 nouvelles opérations pour un montant supérieur à 23 milliards de DA, ainsi que la réévaluation d’une seule opération pour un montant de 2 milliards de DA.
Au titre des transferts, près de 71,5 milliards de DA ont été prévus en tant que contribution de l’État au profit des établissements publics à caractère économique et commercial, soit une augmentation de 42 % par rapport à la Loi de finances 2025.
L’on évoque, par ailleurs, l’enregistrement d’un important projet pour résoudre le problème du manque d’eau dans la ville de Tin Zaouatine dans l’extrême sud du pays, consistant en le transfert des eaux depuis Timiaouine, dans la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, vers la commune de Tin Zaouatine, dans la wilaya d’In-Guezzam (extrême sud du pays), sur une distance de 260 km. Le lancement des travaux est prévu, en principe, pour le premier semestre de l’année 2026.
En outre, le ministère de l’Énergie a bénéficié d’un montant de 63.219.000.000 de dinars de Compensation au titre du dessalement de l’eau de mer.
Dans ce domaine, l’année 2026 verra le lancement du chantier de réalisation de trois stations de dessalement de l’eau de mer à Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Le président de la République a même ordonné de prendre en charge l’hydraulique à Tindouf et à Tamanrasset, en y réalisant deux stations d’eau.
Ce programme complémentaire de réalisation de trois stations de dessalement de l’eau de mer vise à renforcer la sécurité hydrique dans la région ouest du pays et à réduire la dépendance vis-à-vis des ressources de surface et souterraines, conformément à la stratégie nationale qui prévoit la production de 5,6 millions de m3/jour d’eau dessalée à l’horizon 2030.
Cinq nouvelles infrastructures hydrauliques seront mises en service, injectant environ 300 millions de m3 supplémentaires dans le réseau national, a indiqué Nadia Ouchar, directrice centrale à l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT).
Lors de son passage, le 7 janvier 2026, à l’émission « L’Invité du Jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Mme Ouchar a précisé que ces nouveaux ouvrages viendront renforcer un parc national comptant déjà 81 barrages en exploitation.
Cela dit, la stratégie du secteur repose sur la réalisation de grands projets de transfert et d’interconnexion entre barrages, afin de créer un équilibre entre les régions en matière d’approvisionnement en eau, des zones les plus pourvues vers les zones les moins dotées, selon le ministre.
Des projets miniers prometteurs
Dans le domaine des mines, le département de Mohamed Arkab a eu droit à une enveloppe de 34,145 milliards de dinars dont 32 035 000 000 de dinars pour les mines et carrières et 2 110 000 000 de dinars pour les ressources minières.
L’on peut citer l’important projet minier qui devrait voir le jour en 2026, à savoir, l’exploitation de la mine de phosphate de Bled El-Hadba (wilaya de Tébessa), à travers son transport sur une ligne ferroviaire de 422 km jusqu’à Oued Keberit (wilaya de Souk-Ahras), pour y être traité et transformé, puis jusqu’au port d’Annaba.
Un investissement important a été consenti pour la réussite de ce projet, dont le dédoublement de la ligne de chemin de fer entre Annaba et Tébessa, avec l’avènement de nouveaux tronçons, et la réalisation d’une nouvelle ligne ferroviaire entre Bled El-Hadba et Tébessa.
Ce projet devrait permettre de porter la production annuelle de l’Algérie de 2,5 millions de tonnes à 10,5 millions de tonnes. Ce qui augmentera également sa production d’engrais.
En matière de minerais, en plus de Gara Djebilet, l’on doit évoquer le grand projet de la mine de zinc et de plomb d’Amizour-Tala Hamza, laquelle devrait, une fois mise en exploitation, produire annuellement 1,3 million de tonnes de zinc et 700.000 tonnes de plomb, soit un total de 2 millions de tonnes annuellement.
Cette mine de 24 millions de tonnes est considérée comme étant l’une des douze plus grandes au monde et son exploitation devrait permettre de booster de nombreuses industries locales, notamment les batteries pour automobiles.