Le Maroc a officiellement dépassé le stade de la sécheresse après sept années consécutives marquées par un déficit pluviométrique, à la faveur des précipitations et chutes de neige enregistrées depuis le début de la campagne hydrologique 2025-2026. C’est ce qu’a affirmé, lundi à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants consacrée à la situation hydrique du Royaume.
Selon les données présentées par le ministre, le cumul pluviométrique national enregistré entre le 1er septembre 2025 et le 12 janvier 2026 a atteint 108 mm, soit une hausse de 95 % par rapport à la même période de l’année précédente et un excédent de 17,6 % par rapport à la moyenne annuelle habituelle. « Ces indicateurs permettent d’affirmer que le Maroc a dépassé le stade de la sécheresse », a souligné Nizar Baraka, rappelant qu’une année est considérée comme sèche lorsque les précipitations sont inférieures de plus de 20 % à la moyenne.
Les chutes de neige ont également joué un rôle déterminant dans l’amélioration de la situation hydrique. Des couvertures neigeuses exceptionnelles ont concerné jusqu’à 55.495 km² du territoire national, avant de se stabiliser autour de 25.000 km², avec des hauteurs atteignant un à deux mètres dans les zones montagneuses situées au-delà de 2.500 mètres d’altitude. Cette dynamique s’est traduite par une forte augmentation des apports en eau dans les barrages.
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Le taux de remplissage national des barrages est ainsi passé de 28 % à la même période de l’an dernier à 46 % actuellement, représentant un volume de 7,7 milliards de m³. Les apports cumulés depuis le début de la campagne hydrologique se sont élevés à 3,5 milliards de m³, dont 3,1 milliards de m³ sur le seul dernier mois, illustrant l’intensité des épisodes pluvieux récents.
Plusieurs bassins hydrauliques affichent désormais des niveaux de remplissage compris entre 80 % et 100 %, notamment dans les bassins du Loukkos et du Sebou. Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, pilier de l’alimentation en eau potable de Rabat-Casablanca, a atteint un taux de 92 %, nécessitant des lâchers préventifs pour éviter le dépassement de sa capacité. Des améliorations significatives ont également été observées dans les bassins de l’Oum Er-Rbia, du Tensift, du Souss-Massa, de la Moulouya et du Ziz-Rhéris.
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Ces apports permettent au Maroc de « gagner en moyenne une année d’eau potable au niveau national », selon le ministre, tout en confirmant la nécessité de poursuivre les stratégies structurelles, notamment le dessalement de l’eau de mer et les projets de transfert inter-bassins, conformément aux Hautes Orientations Royales.