Achraf Hakimi après la qualification du Maroc pour la finale de la CAN

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Ils avaient 100 raisons de ne pas être au rendez-vous. Comment résister à une pression aussi immense ? Quelques sifflets pour un début de compétition timide, Walid Regragui, contesté avant même la compétition et timidement défendu par sa fédération, Achraf Hakimi, incertain durant des mois et sur un pied au coup d’envoi, Brahim Diaz qui ne mettait plus un pied devant l’autre depuis mars. Le Nigeria de Lookman et Osimhen, deux monstres, en demi-finale. Mais le Maroc résiste à tout. Cette équipe et sa finale, la première depuis 22 ans à la CAN, ne sortent pas de nulle part. Les Lions de l’Atlas furent, il y a quatre ans, les premiers Africains en demi-finale de la Coupe du monde.

Depuis, ils ont grandi avec quelques gamelles entretemps. Mais boosté par des moyens, des infrastructures et des ambitions inédits à l’échelle du continent, le Maroc est au rendez-vous de sa CAN. Il a compris qu’il ne fallait pas nécessairement faire lever les foules pour aller loin. Comme les Bleus de Didier Deschamps, les hommes de Walid Regragui forment d’abord un collectif soudé et impénétrable. Le Nigeria, qui marchait sur ses adversaires depuis un mois avec une marge assez folle, n’a pas vu le jour. Incapables de se créer la moindre occasion, Osimhen et Lookman se sont cognés à un mur comme le Cameroun avant eux vendredi dernier.

Pas de frisson mais un coffre-fort

Alors oui, pour le frisson, il faudra attendre mais la maturité de cette équipe lui permet d’éclater le plafond de verre. Les Lions de l’Atlas sont impossibles à bouger. Meilleure défense de la CAN, ils n’ont encaissé qu’un but en six matches et concédé un nombre infime d’occasions. “On est contents, fiers. C’est un moment unique, on rentre encore dans l’histoire, s’est ému Achraf Hakimi au micro de BeIn Sports. Mais on n’a pas fini le travail.”

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La joie de Brahim Diaz tout à sa joie après la victoire contre le Nigeria

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Celui qui incarne ce Maroc, c’est son cerveau : Walid Regragui. Lui a tenu contre de violents vents de face. Il s’est accroché à ses convictions et à ses idées. C’est lui, encore, qui est allé convaincre Brahim Diaz, l’homme de cette CAN, en multipliant les allers-retours pour Milan puis Madrid. C’est Regragui qui a façonné ce collectif de binationaux au sein duquel il joue le trait d’union : “Je n’ai pas été que chahuté, ça a été une campagne pas correcte mais le groupe m’a protégé, ils aiment leur coach, a confié le sélectionneur marocain. On sait que le moindre match nul, la moindre défaite, c’est une catastrophe. Mais 99% des Marocains sont derrière nous. C’est l’âge d’or du foot marocain mais il ne faut pas oublier d’où on vient.”

“Il ne faut pas oublier le travail de Walid, a tenu à souligner Yassine Bounou, héros de la demi-finale en stoppant deux tirs au but du Nigeria. Il fait un grand travail, il a bien préparé ce match. Chapeau à lui.” Chapeau à lui d’avoir construit cette équipe. Finaliste sur son continent, demi-finaliste en Coupe du monde. En attendant mieux peut-être un jour, peut-être très vite. Dès dimanche ?