Le futur aéroport d’Addis-Abeba Bishoftu, créé par le cabinet d’architecture Zaha Hadid (Image : https://www.zaha-hadid.com)
L’avenir du transport aérien africain va se construire à 40 km au sud d’Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie. C’est en effet là que va s’édifier le futur Bishoftu International Airport (BIA), hub de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, déjà première d’Afrique avec ses 19 millions de passagers et 150 destinations.
La plateforme, dans la région d’Oromia, sera construite par des entreprises chinoises, représentant un investissement de 12,5 milliards de dollars. Il permettra à l’Ethiopie et son transporteur national d’avoir un hub aérien mondial de premier plan d’ici 2035, le premier d’Afrique.
La cérémonie de pose de la première pierre s’est tenue le samedi 10 janvier 2026, en présence du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali.
Une phase initiale pour 60 millions de passagers
Prévu pour une ouverture en 2030, le projet sera développé par étapes. Dans sa phase initiale, l’aéroport pourrait de fait accueillir 60 millions de passagers avec deux pistes parallèles indépendantes de catégorie Code 4E et un terminal de 660 000 m². En phase ultime, sa capacité atteindra 110 millions de passagers annuels.
Bishoftu sera alors doté de quatre pistes et des infrastructures capables de faire stationner jusqu’à 270 avions. « Il s’agira du plus grand projet d’infrastructure aéronautique de l’histoire de l’Afrique, avec une capacité plus de quatre fois supérieure à celle de l’actuel aéroport international de Bole, qui atteindra ses limites dans les deux à trois prochaines années », a déclaré le Premier ministre.
Conçu par le cabinet Zaha Hadid Architects, le BIA sera le principal aéroport d’Ethiopian Airlines, aujourd’hui la plus grande compagnie aérienne africaine. L’infrastructure a été pensée pour répondre aux besoins opérationnels et à la croissance future du transporteur, avec une forte orientation vers le transit. Jusqu’à 80 % des passagers y seront en correspondance sans quitter l’aéroport, un modèle qui place Bishoftu au cœur des flux intercontinentaux.
Le terminal intégrera de vastes espaces dédiés aux passagers en transit, incluant un hôtel en zone réservée de 350 chambres, une large offre de restauration et de divertissement, ainsi que des jardins et cours extérieures. L’architecture intérieure s’inspirera de la diversité géographique et culturelle de l’Éthiopie, chaque jetée adoptant des matériaux et des couleurs propres aux différentes régions du pays. Un axe central unique, évoquant la vallée du Grand Rift, reliera les terminaux et les quais d’embarquement afin de réduire les distances de correspondance.
Une dimension environnementale forte
BIA a également été conçu avec une forte dimension environnementale. Le terminal vise la certification LEED Gold, avec une ventilation naturelle, une protection solaire renforcée et des espaces semi-ouverts. Les eaux pluviales seront récupérées et réutilisées via des zones humides aménagées, tandis que des installations photovoltaïques assureront une production d’énergie sur site.
Avec une altitude inférieure d’environ 400 mètres à celle de l’actuel aéroport de Bole, BIA offrira également de meilleures performances aéronautiques. Ces caractéristiques permettront à Ethiopian Airlines d’optimiser la masse maximale au décollage de sa flotte moderne, tout en réduisant la consommation de carburant et en augmentant les capacités sur les vols long-courriers sans escale.
Relié au centre d’Addis-Abeba et à l’aéroport de Bole par une liaison ferroviaire à grande vitesse, le BIA fonctionnera 24 heures sur 24 sans couvre-feu. Associé à une « Airport City » intégrée, le projet s’intégrera à la stratégie « Vision 2035 » d’Ethiopian Airlines. En espérant que l’instabilité politique chronique du pays ne fera pas dérailler cet ambitieux projet.