Président de l’association Initiatives-actions France-Sénégal, créée en mai 2019, Mickaël Poillion va passer une semaine à Saint-Louis au Sénégal du 17 au 23 janvier. L’agriculteur, engagé de longue date dans les questions internationales, va y assurer le suivi d’un projet de développement agricole. Explications.
Celui que l’on connaît comme maire de son village depuis 2014, n’a pas attendu de porter l’écharpe pour s’engager. Agriculteur dans le « civil », il a été engagé chez les Jeunes agriculteurs et membre du bureau national il y a une quinzaine d’années. « J’étais investi sur les questions internationales. Les questions internationales, ça fait longtemps que je les pratique. Ce n’est pas la même agriculture, mais les problématiques sont similaires. Le foncier, c’est international, comme le renouvellement des générations, la formation, les moyens de production, ou encore le changement climatique… ».
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« Ce qui manque, c’est la formation »
Il y a dix ans environ, il fait la connaissance d’Assane Sek, salarié de la région Nord-Pas-de-Calais (avant le nouveau découpage à l’échelle des Hauts-de-France) détaché au Sénégal. « Il a accompagné le projet de création d’un lycée ». Il est devenu le relais local de l’association Initiatives-actions France-Sénégal, née il y a bientôt six ans. Son siège se situe à la Maison familiale et rurale de Campagne-lès-Boulonnais. Assane est l’initiateur du projet de ferme-école. Architecte et urbaniste de formation, il est venu à l’agriculture, motivé par l’envie d’agir sur place. C’est justement l’ambition de la ferme école « pour former les jeunes, à faire par eux-mêmes », explique-t-il. « L’un des moyens de fixer les gens avec un projet de vie, ce sont les études mais aussi un projet professionnel », complète Mickaël Poillion. « Ce qui manque, c’est la formation telle que les MFR et les lycées agricoles ».
« Notre ambition est qu’ils puissent se projeter au Sénégal »
Localement, l’association s’appuie sur l’Agence régionale de développement -que nous avons connu chez nous- et qui a été dupliquée au Sénégal. L’organisme a mis à disposition des parcelles, des bâtiments et du matériel, d’irrigation notamment. « L’association a accompagné sur la formation et l’envoi de matériel ». Un convoi a été envoyé en août dernier. Initiatives-actions France-Sénégal a acheté pour 7 000 € de petit matériel (maraîchage…) auprès de la société Roussel Agri 62 basée à Tincques. « Cela a eu un impact incroyable. Cela permet au lycée d’avoir des terrains d’application », souligne Assane. C’est ce que va notamment vérifier le président de l’association mais pas seulement. « Pérenniser la formation est une chose, il faut accompagner les jeunes : pouvoir les structurer, en coopératives par exemple. Notre ambition est qu’ils puissent se projeter au Sénégal et asseoir des projets localement ».
« La ferme est un bel outil d’échange »
Les premiers jeunes ont été accueillis en formation l’an dernier. 25 étudiants issus de plusieurs universités ont suivi les cours la première année, une vingtaine la deuxième année ainsi qu’un groupe de 15 jeunes logés sur place. « Nous assurons une formation théorique et pratique en travaillant avec le lycée technique de Saint-Louis ». Pour Mickaël Poillion, l’objectif à terme est de créer des échanges. Assane ne peut que valider : « je suis un produit des échanges entre la France et le Sénégal, l’idée est de pouvoir partager les compétences : la ferme est un bel outil d’échange ».
Anthony Hoyer