De la location à la dérive

 

 

Les faits remontent à une transaction Wave de 70 000 FCfa, correspondant à la location de deux nuitées dans un appartement meublé à Keur Massar. Le gérant, Amadou Woury Diallo, se présentant comme pharmacien formé en Guinée, affirme n’avoir voulu que rendre service à son neveu, Oumar Diallo, élève. Une version que le parquet, cité par L’Observateur, démonte sans ménagement : encaissement d’un prix commercial, absence d’autorisation et violation flagrante de la réglementation.

 

La fête de la Saint-Sylvestre dégénère rapidement. Musique assourdissante, tentatives de consommation de substances illicites, ambiance de plus en plus lourde. Aïda Souaré débourse 10 000 FCfa pour de la « NB », une drogue de synthèse. Mais le livreur, Olivier Bampoky, étudiant en Douane, remet du bicarbonate. La supercherie découverte, la tension explose. Menacé, le livreur quitte les lieux avant de revenir armé d’un couteau. Le chaos s’installe.

 

 

L’intervention des forces de l’ordre

 

 

Alertés par le vacarme, les voisins appellent la gendarmerie. À l’arrivée des éléments de Keur Massar, le constat est jugé accablant : présence de mineures et téléphones contenant des images attentatoires aux bonnes mœurs, rapporte L’Observateur. Pour le parquet, il ne s’agit plus d’un simple dérapage festif.

 

« Ce n’est pas une fête qui a dérapé, mais un rassemblement structuré à des fins de débauche », tranche le Procureur, écartant l’argument de l’erreur de jeunesse. Il requiert deux ans de prison ferme contre les principaux protagonistes, dont Bineta Sarr, Amadou Woury Diallo, Fallou Mbow et Aïda Souaré. Pour les autres prévenus, il sollicite deux ans dont six mois ferme, assortis d’une amende de 200 000 FCfa chacun.

 

 

La défense crie au « procès de la morale »

 

 

Face à ces réquisitions sévères, la défense dénonce, selon L’Observateur, un « procès de la morale » alimenté par la notoriété de Bineta Sarr. Les avocats contestent l’existence d’une association de malfaiteurs et parlent d’une construction intellectuelle. « On ne peut parler d’escroquerie lorsqu’il s’agit d’une transaction portant sur de la drogue », plaident-ils, évoquant des jeunes emportés par l’effet de groupe et le « buzz ».

 

Le tribunal a rejeté toutes les demandes de liberté provisoire et fixé le délibéré au 19 janvier prochain.