Le groupe Stellantis a annoncé, le mardi 13 janvier, l’implantation en Algérie d’une usine de production de véhicules de la marque allemande Opel. Il s’agira de la première unité de production Opel implantée hors d’Europe.  

Cette décision confirme l’importance croissante accordée par le constructeur automobile à l’Algérie, où il exploite déjà une usine de production de véhicules Fiat, inaugurée à Oran en décembre 2023.

« L’Algérie est une région qui retient particulièrement notre attention depuis deux ans. L’approfondissement constant de nos partenariats nous a maintenant conduits à une nouvelle étape claire : une unité de production dédiée en Algérie, conçue pour servir les clients algériens et compléter le réseau de fabrication européen bien établi d’Opel », a indiqué Florian Huettl, directeur général d’Opel Automotive GmbH.  

Un projet stratégique pour Stellantis  

Du point de vue de Stellantis, l’installation d’Opel en Algérie répond à une stratégie de développement à long terme dans la région Afrique et Moyen-Orient, après ses implantations au Maroc et en Égypte, et alors qu’un projet est en cours en Afrique du Sud. Le groupe, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles en 2021, ambitionne en effet d’atteindre une part de marché de 22% dans cette zone à l’horizon 2030.

Pour y parvenir, il parie sur le renforcement de ses capacités industrielles locales afin de mieux servir les marchés régionaux.

Dans un tel contexte, l’Algérie offre à cet égard plusieurs avantages. Son marché domestique, l’un des plus importants d’Afrique du Nord en matière de population, présente un potentiel de demande significatif.  

Selon les estimations du ministère de l’Industrie, les besoins annuels de l’Algérie en véhicules neufs sont évalués entre 250 000 et 350 000 unités, un volume qui représente un fort potentiel pour les industriels du secteur.

Un nouveau coup de boost pour l’Algérie

L’arrivée d’Opel vient conforter la stratégie des autorités algériennes visant à positionner le pays comme un hub automobile de premier plan sur le continent africain aux côtés du Maroc et de l’Afrique du Sud.  

Depuis quelques années, l’État a mis en place une politique incitative pour stimuler et structurer l’industrie automobile nationale, combinant soutiens financiers à la production, allègements fiscaux, simplification des procédures d’accès au marché pour les investisseurs étrangers, exonérations sur l’importation des composants et mise à disposition de terrains industriels à des conditions préférentielles pour faciliter la création de nouvelles unités.

En contrepartie, le gouvernement a instauré des exigences progressives en matière d’intégration locale, imposant aux constructeurs d’atteindre un taux minimum de 10 %, deux ans après le démarrage des activités, puis 30% au bout de cinq ans.  

Au-delà de Stellantis, ces mesures de relance déployées par les autorités algériennes ont également suscité l’intérêt d’autres constructeurs internationaux. Le groupe automobile chinois Geely a ainsi annoncé, en mars 2024, son intention d’investir 200 millions de dollars (172 millions d’euros) dans l’installation d’une usine d’assemblage en Algérie. Ce site, dont l’entrée en activité est prévue pour 2026, devrait afficher une capacité de production annuelle d’environ 50 000 véhicules.

De son côté, le constructeur sud-coréen Hyundai projette également de s’implanter sur le marché algérien. Le groupe prévoit de développer une unité industrielle dédiée à la fabrication de voitures particulières et de véhicules utilitaires, en partenariat avec le conglomérat omanais Saud Bahwan.

Cette usine sera implantée dans la zone industrielle de Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, située à près de 300 kilomètres à l’ouest d’Alger. Le projet représente un investissement estimé à 400 millions de dollars (344 millions d’euros) et devrait entrer en production à l’horizon 2027.