Réunis ce mercredi en Côte d’Ivoire, le Groupe de coordination arabe et le Groupe de la Banque africaine de développement officialisent une alliance majeure pour transformer l’investissement sur le continent. 

Ce partenariat vise à mobiliser massivement des capitaux publics et privés afin de combler le déficit de financement des infrastructures africaines.

C’est une étape décisive pour le financement du développement en Afrique qui se joue ce 14 janvier à Abidjan. Au siège de la Banque africaine de développement (BAD), les dirigeants de l’institution panafricaine et ceux du Groupe de coordination arabe (ACG) lancent une nouvelle phase de leur collaboration. Loin d’une simple déclaration d’intention, cette réunion de haut niveau marque le passage d’une coopération ponctuelle à une stratégie de co-investissement d’envergure.

Un changement de paradigme financier.

Face à un déficit de financement croissant, l’Afrique doit impérativement diversifier ses sources de capitaux. La consultation d’aujourd’hui répond à cette urgence en proposant une plateforme commune. L’objectif est clair : combiner les bilans respectifs et les capacités de financement des deux entités pour créer un effet de levier puissant.

Cette initiative s’inscrit directement dans la volonté de renforcer la souveraineté financière du continent via une « Nouvelle architecture financière africaine » (NAFA). Il ne s’agit plus seulement d’aide au développement classique, mais d’intégrer les assureurs, les marchés de capitaux et les investisseurs privés dans une dynamique commune. Les priorités ciblées sont vitales : l’accès à l’énergie, la sécurité alimentaire, l’intégration régionale et la résilience climatique.

Harmoniser pour mieux investir.

Concrètement, les discussions de ce jour portent sur l’ancrage du cofinancement arabo-africain. Les deux partenaires explorent des pistes pour harmoniser leurs approches de financement et préparer conjointement les projets en amont. Cette synergie doit permettre de réduire les délais, d’optimiser les ressources et d’assurer un impact mesurable sur le terrain.

En alignant leurs expertises sectorielles et leurs plateformes nationales, l’ACG et la BAD entendent soutenir les programmes de développement pilotés par les pays eux-mêmes, tout en garantissant une résilience à long terme des investissements réalisés.

Vers un cadre opérationnel dès 2026.

Cette rencontre aboutit aujourd’hui à l’adoption d’une Déclaration commune, véritable feuille de route politique de ce rapprochement. Elle définit les domaines prioritaires et les mécanismes de suivi institutionnels.

Au-delà des principes, l’agenda est déjà fixé. La Déclaration prévoit l’élaboration, courant 2026, d’un cadre de financement et de partenariat opérationnel. Celui-ci précisera les modalités techniques : cofinancement, coordination des pipelines de projets et programmation conjointe. Une attention particulière est portée au Fonds africain de développement, guichet concessionnel de la BAD, pour soutenir spécifiquement les pays à faible revenu et les zones fragiles.