(Johannesburg) Les États-Unis ont critiqué jeudi la présence de l’Iran à des exercices navals au large de l’Afrique du Sud, la jugeant « particulièrement inadmissible » compte tenu de la répression des manifestations par le régime de Téhéran.
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16 h 23
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Des navires militaires chinois, iraniens, russes et émiratis sont arrivés au large du Cap il y a environ une semaine pour participer à des exercices organisés dans le cadre des Brics+.
Le groupe des Brics+, acronyme des initiales de ses premiers membres-Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud-s’est depuis élargi à l’Égypte, à l’Ethiopie, à l’Iran, à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et, plus récemment, à l’Indonésie.
Selon des informations des médias locaux, le gouvernement sud-africain a cherché à obtenir le retrait de l’Iran de ces manœuvres menées par la Chine, qui se déroulent alors que la répression en Iran a fait des milliers de morts, selon des défenseurs des droits humains.
On ignore de quelle façon les navires iraniens ont participé à ces exercices, que la marine sud-africaine a jugé nécessaires pour « garantir la sécurité des voies de navigation et des activités économiques maritimes ».
Ces exercices réunissent des nations ayant des différends diplomatiques majeurs avec les États-Unis, alors que Pretoria cherche à améliorer ses propres relations, fortement dégradées, avec Washington.

PHOTO ESA ALEXANDER, ARCHIVES REUTERS
Les drapeaux nationaux sud-africain et chinois sont visibles sur un navire à la base navale de Simon’s Town avant les exercices navals conjoints des pays du BRICS Plus
« L’Iran est un agent déstabilisateur et un État soutenant le terrorisme, et sa participation à des exercices conjoints – à quelque titre que ce soit – compromet la sécurité maritime et la stabilité régionale », a déclaré l’ambassade des États-Unis en Afrique du Sud sur Facebook.
« Il est particulièrement inadmissible que l’Afrique du Sud ait accueilli les forces de sécurité iraniennes alors qu’elles tiraient, emprisonnaient et torturaient des citoyens iraniens engagés dans des activités politiques pacifiques, droits pour lesquels les Sud-Africains eux-mêmes ont dû se battre avec acharnement », a ajouté l’ambassade.
Les relations entre Washington et Pretoria sont au plus bas en raison de plusieurs divergences politiques, notamment la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice concernant la guerre à Gaza.
« L’Afrique du Sud ne peut pas faire la leçon au monde sur la “justice” tout en se rapprochant de l’Iran », a critiqué l’ambassade américaine.
Le président américain Donald Trump a menacé l’Iran d’une intervention militaire si Téhéran exécute des personnes arrêtées lors des manifestations. M. Trump semble depuis avoir renoncé à cette option.
L’administration Trump a accusé l’Afrique du Sud de mener des politiques « anti-américaines » et a boycotté son sommet du G20 en novembre, lui imposant des droits de douane de 30 %. Elle estime en outre que Pretoria persécute les Afrikaners, ces descendants des premiers colons européens d’origine majoritairement néerlandaise.