Le Pape Léon XIV a nommé, le samedi 10 janvier 2026, l’Abbé Joseph Francis Badji évêque coadjuteur du diocèse de Kolda. L’annonce a été rendue publique par le Nonce apostolique au Sénégal, Mgr Waldemar Stanislaw Sommertag.

Nommé évêque coadjuteur du diocèse de Kolda par le Pape Léon XIV, le 10 janvier 2026, l’abbé Joseph Francis Badji, 60 ans, formateur reconnu et spécialiste de philosophie, quittera la direction du Grand Séminaire interdiocésain Jean Marie Vianney de Brin pour rejoindre Mgr Jean-Pierre Bassène, qui dirige cette circonscription ecclésiastique depuis son ordination épiscopale le 29 avril 2000.

Dans une note publiée par l’Union du clergé sénégalais (Ucs), on indique que « le prête incarne une génération de pasteurs formés au cœur de la Casamance et façonnés par sa diversité humaine, culturelle et linguistique ». Selon la même source, « son parcours s’inscrit dans une continuité ecclésiale discrète mais solide, reflet d’une église locale capable d’assurer sa propre transmission ».

Dans une région où la foi se conjugue au quotidien avec la diversité des langues et des cultures, ajoute le document, « l’abbé Joseph Francis Badji s’avance avec la retenue de ceux qui connaissent le terrain et le sens de la mission évangélique ». D’après l’Ucs, « sa nomination n’est pas seulement une promotion personnelle ; elle marque une étape dans l’histoire pastorale d’une église casamançaise profondément enracinée dans son territoire ».

Ordonné prêtre en 1994 par Mgr Maixent Coly, alors lui-même évêque coadjuteur, poursuit la publication, « l’abbé Badji voit aujourd’hui son parcours rejoindre celui de son ancien ordonnateur ». « La symbolique est forte. Trente ans plus tard, le prêtre devient à son tour évêque coadjuteur, comme pour refermer un cycle et en ouvrir un autre, dans une logique de transmission pastorale patiemment construite », souligne-t-on dans la note.

Pasteur de terrain, « l’abbé Badji s’est distingué par sa proximité avec les fidèles et sa capacité à dialoguer avec des communautés aux identités multiples », a-t-on mentionné dans le document. La maîtrise du français, du wolof, du joola et du créole constitue à cet égard un atout précieux.

« Dans une région linguistiquement diverse, indique-t-on dans la note de l’Ucs, cette compétence dépasse la simple communication : elle devient un outil pastoral, un pont entre les générations, les communautés et les sensibilités ». Cette aisance linguistique, ajoute la même source, « reflète aussi une manière d’être de l’église en Casamance : une église qui écoute avant de parler, qui comprend avant de guider. L’abbé Badji s’inscrit dans cette tradition d’un clergé proche des populations, attentif aux réalités sociales et culturelles, et conscient des défis spécifiques de la région méridionale du Sénégal ».

La nomination de l’abbé Joseph Francis Badji montre qu’au-delà des vocations, l’église locale est capable de former ses propres pasteurs et d’assurer la relève au plus haut niveau de la hiérarchie ecclésiastique. « À travers ce choix, c’est aussi une reconnaissance du travail patient mené sur plusieurs décennies. Celui d’un clergé formé sur place, engagé dans l’éducation, la médiation sociale et la cohésion communautaire », se félicite l’Ucs.

L’abbé Francis Badji hérite de ce legs, avec la responsabilité de l’inscrire dans le présent et de le projeter vers l’avenir.
Daouda DIOUF