Même sans ses jambes de vingt ans, il reste le facteur X du Sénégal. À 33 ans, Sadio Mané est toujours aussi précieux pour les Lions de la Teranga, qu’il entend mener vers un deuxième sacre en quatre ans à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations contre un Maroc à domicile, dimanche 18 janvier (20h, en clair sur M6) dans un stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, qui promet d’être aussi comble que bruyant.
En demi-finale contre l’Égypte de son ex-coéquipier à Liverpool Mohamed Salah, l’ailier gauche a sorti sa tanière d’un bourbier annoncé contre un adversaire rugueux, qui adore étirer les matchs en prolongation, en marquant l’unique but – “un peu chanceux” – de la partie, d’une frappe lointaine parfaitement placée à dix minutes de la fin (1-0). Sa deuxième réalisation du tournoi, après celle inscrite pour égaliser contre la RD Congo en phase de groupes (1-1).
Preuve que le partenaire de Cristiano Ronaldo au club saoudien d’Al-Nassr n’est pas du genre à se cacher quand le niveau s’élève. En plus de ses deux buts, il a délivré trois passes décisives cet hiver, devenant le meilleur passeur de l’histoire de la compétition “la plus compliquée du monde” (neuf au total, devant l’Ivoirien Yaya Touré), selon ses dires. Et ce, malgré trois finales atteintes sur les quatre dernières éditions pour lui.
Sadio Mané a conforté également son record honorifique de joueur le plus décisif de l’histoire de la CAN, combinant ses buts (11) et ses passes (9), devant Mohamed Salah (11 buts et 5 passes). “Mais si je ne marque pas, ce n’est pas important, a estimé le numéro 10 après la victoire, mercredi. Le plus important pour moi, c’est que le Sénégal gagne à chaque fois. Je suis un soldat de la nation. J’essaie de me donner tous les jours à fond, que ce soit en entraînement ou au match”.
“Mention spéciale à notre monument”
Celui qui avait déjà refermé le sarcophage des Pharaons en finale de la CAN en février 2022, puis lors du barrages de qualification au Mondial de la même année, transformant à chaque fois un tir au but vainqueur, espère désormais finir en beauté. Car si la relève semble déjà prête au sein du groupe sénégalais, entre le Parisien Ibrahim Mbaye, l’ex-Marseillais Iliman Ndiaye ou encore le Strasbourgeois Mamadou Sarr en défense, cette CAN a rappelé qu’il fallait parfois leur prendre la main pour amener cette équipe certes solide, mais moins impressionnante que ces dernières années, vers ses objectifs.
“Comme on est qualifiés, je suis très heureux de pouvoir jouer, pour ma toute dernière CAN, une finale avec les Lions. J’espère la remporter et amener le trophée à Dakar”, a annoncé le leader en vue de sa dernière danse, sachant que la suspension en finale du capitaine Kalidou Koulibaly renforcera encore son rôle omnipotent.
“Mention spéciale à notre monument. On a besoin de Sadio Mané, le Sénégal a besoin de lui. Il l’a encore montré ce soir. Espérons qu’on aura encore des années avec lui, parce qu’un monsieur comme celui-là, on en trouve pas tout le temps”, lui a rendu hommage son sélectionneur Pape Thiaw, affirmant vouloir encore compter sur lui un moment.
Avant sa fort probable dernière dans son tournoi de prédilection, et même s’il n’arrivait pas à faire briller le Sénégal à la Coupe du monde l’été prochain (dans le groupe de la France, de la Norvège et probablement de l’Irak), Sadio Mané a un statut de légende du foot africain à définitivement entériner à l’issue d’une finale de rêve entre les deux favoris annoncés de la CAN.
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