Eutelsat a annoncé le 12 janvier avoir confié à Airbus Defence and Space la construction de 340 satellites en orbite basse terrestre (LEO) destinés à sa constellation OneWeb. L’opérateur précise que la production sera réalisée sur le site d’Airbus à Toulouse, et que les livraisons doivent commencer à partir de la fin de 2026. Il explique que ces nouveaux satellites seront équipés de technologies avancées, dont l’intégration de la 5G au sol. Ils seront compatibles avec la constellation IRIS (Infrastructure de résilience, d’interconnectivité et de sécurité par satellite) composée de 300 satellites dont le déploiement est prévu en 2030. Eutelsat en sera l’architecte principal et l’opérateur de la partie en orbite basse.

Derrière ce nouveau contrat industriel qui doit renforcer les capacités techniques de la constellation OneWeb, forte de « plus de 600 satellites » en vol, répartis en 12 plans orbitaux synchronisés à environ 1 200 km d’altitude, Eutelsat promet une connectivité internet de qualité dans le monde, notamment en Afrique qui connait encore de fortes disparités dans la couverture télécoms.

L’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que sur l’ensemble du continent, la 5G couvrait 25% de la population urbaine en 2024, mais presque personne dans les zones rurales. Une grande disparité existait également pour les réseaux 4G, avec 98 % de la population urbaine couverte contre seulement 49% dans les zones rurales. Si l’on inclut les réseaux 3G, la couverture atteignait 100% dans les zones urbaines, mais 75 % dans les régions rurales.

Jean-François Fallacher, le directeur général d’Eutelsat, explique d’ailleurs que les nouveaux satellites « nous permettront en effet d’assurer la continuité du service pour nos clients et nos partenaires de distribution dont le nombre ne cesse de croître. Ces derniers pourront ainsi tirer parti des performances inégalées de nos capacités LEO disponibles partout dans le monde ». 

Depuis quelques années, les constellations en orbite basse bouleversent les modèles télécoms. Contrairement aux satellites géostationnaires, situés à 36 000 kilomètres, les satellites LEO orbitent beaucoup plus près de la Terre, réduisant la latence et permettant des débits plus élevés. Techniquement, ils favorisent une expérience internet plus fluide, mieux adaptée aux usages modernes (visioconférence, cloud, e-learning, télémédecine, gaming, etc.), et ont une capacité à couvrir des zones où les réseaux terrestres peinent à arriver.

Pour Eutelsat, la décision d’étoffer son parc satellite n’est pas anodine. L’entreprise, historiquement forte sur le satellite géostationnaire pour la télévision et les services de données, cherche à consolider sa position face à des acteurs déjà très visibles sur le segment, notamment Starlink de SpaceX et Kuiper d’Amazon. En Afrique, les deux géants américains progressent rapidement grâce à une stratégie tarifaire ciblée, orientée vers les particuliers et les entreprises.

La nouvelle commande adressée à Airbus s’ajoute à un premier lot de 100 satellites commandés en décembre 2024, ce qui porte à 440 le nombre total de commandes confiées par Eutelsat à Airbus. Les deux groupes n’ont néanmoins pas communiqué de montant pour le contrat annoncé en janvier 2026.