Le calcul est d’une simplicité brutale pour l’Afrique du Sud. Après une entrée en matière manquée face au Mexique (0-2) au cœur du chaudron de l’Estadio Azteca, puis un nul teinté de regrets contre la République Tchèque (1-1) à Atlanta, les Bafana Bafana n’ont plus de joker. Quatrièmes du groupe A, ils font face à un verdict sans appel : un match nul ce jeudi les condamnerait à l’élimination. Avec seulement 2 points en cas de parité, l’espoir mathématique de figurer parmi les meilleurs troisièmes s’éteindrait définitivement.

Pour prolonger le rêve américain, il faut impérativement faire tomber la Corée du Sud, solide 2e avec 3 points. Une victoire propulserait les Sud-Africains à la deuxième place du groupe (si la République Tchèque ne bat pas le Mexique), synonyme de qualification historique pour les phases à élimination directe d’un Mondial hors de leurs frontières.

Un milieu de terrain décimé

Pour orchestrer cette mission, Hugo Broos va devoir composer sans ses meilleurs soldats. C’est le principal point noir de ce choc : le métronome Themba Zwane et l’infatigable Teboho Mokoena (unique buteur sud-africain du tournoi sur penalty face aux Tchèques) sont tous deux suspendus. Un véritable casse-tête tactique.

Hugo Broos doit repenser l’intégralité de son entrejeu pour faire face au défi physique et à l’impact qui l’attend au Mexique. La profondeur du banc sud-africain, souvent louée par le technicien belge, sera testée dans ce qu’elle a de plus crucial.

Face aux « piles Duracell » de Hong Myung-bo

L’adversaire, de son côté, avance avec la certitude qu’un simple point lui suffira pour valider son ticket. Mais le sélectionneur sud-coréen, Hong Myung-bo, a été on ne peut plus clair : « C’est le dernier match, nous devons gagner pour passer au tour suivant. » Portée par la créativité de la star du PSG Lee Kang-in, la Corée du Sud est une machine à presser, redoutée pour son volume de jeu.

Hugo Broos n’a d’ailleurs pas caché son admiration, teintée d’inquiétude, face à l’endurance des Guerriers Taeguk : « Contre la Corée, nous allons devoir composer avec leur discipline organisationnelle et leur énorme volume de course. Leurs joueurs courent pendant 90 minutes comme s’ils avaient des piles Duracell. »

La bataille tactique est déjà lancée. Côté coréen, le défenseur Lee Han-beom a dévoilé le plan anti-Bafana : asphyxier immédiatement le gardien et capitaine Ronwen Williams, véritable rampe de lancement et meneur de jeu reculé de l’Afrique du Sud, pour l’empêcher d’installer son jeu de possession et le forcer à allonger ses ballons.

Pour l’histoire et pour le peuple

Malgré l’adversité, le capitaine Ronwen Williams refuse de se présenter en victime expiatoire : « Le match contre la Corée sera difficile, vraiment difficile. La qualité individuelle de leurs joueurs est incroyable. Mais c’est une opportunité unique pour nous de rivaliser, et je suis convaincu que les gars seront prêts. »

À des milliers de kilomètres de Monterrey, tout un peuple vibrera au milieu de la nuit. Une ferveur qui sert de carburant à Hugo Broos et ses hommes.

« Nous savons que nous avons un soutien immense de la part de tous les Sud-Africains qui, à 3 heures du matin, allumeront leur télévision. Je souhaite du fond du cœur que nous puissions leur offrir la victoire et les rendre heureux », a confié le sélectionneur belge.

Ce jeudi, il n’y aura plus de place pour les calculs ni pour les excuses. Face à la muraille asiatique, l’Afrique du Sud doit signer l’un des plus grands exploits de son histoire moderne. Sous peine de voir son aventure planétaire s’arrêter brutalement dès le premier tour.