La liste est longue et justifie l’attrait sans cesse renouvelé des investisseurs internationaux pour le continent. A titre d’exemple, la récente mise en exploitation du gisement de minerai de fer Simandou en Guinée et les attentes immenses suscitées par ce dernier (jusqu’à 11% de taux de croissance du PIB attendu en 2027) témoignent du caractère potentiellement transformateur de ce projet. Ces richesses constituent donc clairement un levier majeur de développement, mais posent également des défis persistants de gouvernance, de durabilité et de justice sociale. Dans un contexte où la demande mondiale en minerais notamment nécessaires à la transition énergétique et numérique ne cesse de croître, la manière dont les États africains structurent, négocient et gèrent leurs contrats miniers revêt une importance capitale non seulement pour leur avenir économique et social, mais également au regard de ces enjeux plus globaux.
C’est dans ce contexte que le mandat de la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF) trouve toute sa pertinence. L’ALSF est une organisation internationale créée aux termes d’un Traité de 2008, par les pays africains membres de la Banque africaine de développement (BAD). Elle œuvre à renforcer les capacités juridiques des Etats africains et à leur donner les moyens d’appréhender, négocier ou renégocier des accords par définition complexes, de manière équilibrée et durable. Par le biais d’une assistance juridique et technique sur mesure, l’ALSF vise à combler l’asymétrie d’expertise et d’expérience qui peut exister entre investisseurs privés et gouvernements dans des secteurs hautement stratégiques que sont les ressources naturelles, l’énergie, les infrastructures et la finance publique. L’ALSF incarne cette vision d’un continent qui se donne les moyens d’une « transmutation » de ses ressources naturelles en un socle solide pour un développement durable.
Rapporté au secteur minier, cet accompagnement comprend, entre autres, la structuration et la négociation des modalités de participation des États (via le cas échéant des sociétés minières nationales) dans les projets liés à l’exploitation des minéraux et métaux dits « critiques », ou encore la détermination de mécanismes destinés à favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur via le renforcement des cadres législatifs, réglementaires et institutionnels.
Dans ce secteur l’ALSF peut s’enorgueillir d’avoir accompagné de nombreux Etats africains dans : (a) la négociation et la renégociation d’accords portant sur des projets extractifs stratégiques, (b) l’élaboration de documents de passation de marchés ayant facilité des appels d’offres réussis, alignés sur les meilleures pratiques internationales ou encore (c) la négociation d’accords de règlement de litiges.
Avec plus de quinze années d’existence et forte d’une reconnaissance et d’une légitimité en constante croissance (plus de 70 demandes d’assistance reçues en 2025), l’ALSF peut se targuer d’une expérience avérée de conseil des gouvernements africains. Organisation panafricaine par excellence, elle a, à ce jour, prodigué ses services de conseil et de renforcement des capacités juridiques et techniques à la quasi-totalité des Etats du continent.
Avantage non négligeable : les interventions de l’ALSF dans le secteur des ressources naturelles intègrent les préoccupations environnementales et sociales (telles que les mesures d’encadrement de réduction des émissions) et couvrent des domaines connexes tels que les problématiques liées à la commercialisation des crédits carbones.
Gage de sa crédibilité et de son utilité, les interventions de l’ALSF sont également prisées par les investisseurs privés soucieux de leur bonne réputation, et désireux de négocier sur un même pied d’égalité avec les Etats hôtes de ressources minières, pétrolières ou gazeuses, afin d’établir des partenariats équilibrés et durables. Eu égard à sa solide expérience et à son indépendance, ces derniers n’hésitent pas à recommander aux gouvernements ne disposant pas de l’expertise transactionnelle requise, de solliciter l’assistance de l’ALSF afin de permettre un dialogue équilibré entre parties parlant le même « langage » juridique. La présence de l’ALSF aux côtés des Etats est également de nature à renforcer l’empreinte RSE des investisseurs privés et à conforter les actionnaires de ces derniers quant à l’établissement de partenariats équilibrés et durables.
En dépit de ses ressources limitées et pour faire face à un portefeuille de projets en constante augmentation, la Facilité a mis en place un outil spécifique appelé Private Entity Funding, à travers lequel les sponsors d’un projet donné peuvent en toute transparence et sécurité contribuer au financement des frais des conseils des gouvernements selon les procédures rigoureuses de l’ALSF.
Ce mécanisme désormais largement éprouvé a pour vocation de diversifier et renforcer les moyens dont dispose la Facilité, au-delà des ressources que lui allouent la BAD et certains bailleurs bilatéraux. Il démontre également que la coopération étroite entre le secteur public africain et le secteur privé est possible lorsqu’elle est pensée de manière moderne, en s’affranchissant des carcans habituels.
En 2026, l’ALSF sera à nouveau présente sur tous les fronts : conseils aux Etats, renforcement des capacités des cadres africains, promotion des principes de bonne gouvernance, de transparence et d’équité dans la négociation et la gestion des accords commerciaux internationaux seront ses chevaux de bataille. Grâce à l’appui de ses contributeurs et au dévouement de ses équipes fortement engagées pour le développement du continent africain, elle compte désormais au rang des institutions qui façonnent l’Afrique de demain.