Le Cameroun s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 où il affrontera le Maroc, hôte et favori de la compétition, après sa victoire 2-1 sur l’Afrique du Sud en huitièmes dimanche à Rabat. Arrivés la tanière sens dessus-dessous au Maroc, les Lions Indomptables montent en puissance au fil du tournoi, à l’image de leur rencontre face aux Bafana Bafana où, malmenés pendant une mi-temps, ils se sont finalement imposés avec autorité.
Le Cameroun, cinq fois champion d’Afrique, qui ne mettait plus un pied devant l’autre depuis un an et demi à cause d’un conflit ouvert entre le ministère des sports et sa star de président de la Fédération Samuel Eto’o, a débarqué dans le tournoi sur la pointe des pieds, sans aucune certitude. Habitué à briller dans la difficulté, le voilà en quarts de finale de la CAN. Il le doit beaucoup son renouveau à David Pagou, son sélectionneur, intronisé vingt jours seulement avant le début de la compétition en remplacement du Belge Marc Brys, dont il était l’adjoint.
Pagou, homme de l’ombre et de confiance d’Eto’o, fils de militaire, a fait le ménage dans la tanière et demandé à ses joueurs de se comporter en soldats durant le tournoi. Il s’est appuyé pour cela sur une très jeune ossature faite de joueurs prometteurs au service du collectif plutôt que sur des talents confirmés, tous laissés de côté. Ce sont d’ailleurs deux de ses jeunes pousses qui ont marqué face à l’Afrique du Sud.
Les jeunes font le job
C’est d’abord le latéral Junior Tchamadeu, 22 ans, boudé par Marc Brys et revenu en grâce avec Pagou, qui a ouvert le score contre le cours du jeu après une frappe contrée de Carlos Baleba derrière un corner (1-0, 34e). Puis Christian Kofane, 19 ans, la pépite du Bayer Leverkusen qui brille en Bundesliga mais ne comptait aucune sélection avec les Lions avant la CAN, a doublé la mise de la tête en tout début de seconde période après un centre parfait de Mahamadou Nagida, rentré en jeu lors du premier acte à la place du Lorientais Darlin Yongwa, blessé (2-0, 47e).
Après la jeunesse des buteurs, c’est l’expérience de leur gardien du but Dévis Epassy, seul trentenaire de l’équipe au coup d’envoi, qui a repoussé par deux fois les assauts sud-africains (62e, 69e). Epassy, 32 ans, n’a rien pu en revanche en toute fin de match lorsque Evidence Makgopa a repris à bout portant un centre d’Aubrey Modiba (2-1, 88e). Mais il était trop tard pour les Sud-Africains.
Hugo Broos, leur sélectionneur, ne remportera pas une seconde CAN dans sa carrière. Il avait remporté la Coupe d’Afrique en 2017 en dirigeant… le Cameroun, à la tête d’une équipe sans aucune certitude avant la compétition, leur dernier titre à ce jour. La ressemblance entre les parcours de ces deux groupes, celui de 2017 et celui de 2025, fait désormais naître d’énormes espoirs aux bouillants supporters camerounais, prêts à encenser ce qu’ils brûlaient il y a encore quelques jours.
Vendredi en quarts de finale à Rabat, les Lions Indomptables se présenteront comme de sérieux outsider face au Maroc, grand favori de la compétition mais difficile vainqueur de la Tanzanie 1-0, plus tôt dans la journée.