La phase de groupes a tenu ses promesses : les cadors ont répondu présent. Désormais, la CAN entre dans le vif, avec des huitièmes explosifs.

La phase de groupes de la CAN 2025 touche à sa fin et une tendance se dégage clairement : les favoris ont répondu présent. Place désormais aux matchs à élimination directe, là où la Coupe d’Afrique change de dimension et ne pardonne plus. Au programme : Sénégal- Soudan / Mali – Tunisie / Maroc – Tanzanie / Afrique du Sud – Cameroun / Égypte – Bénin / Nigeria – Mozambique / Algérie – RD Congo / Côte d’Ivoire – Burkina Faso !

Algérie – RD Congo : un huitième aux allures de test continental

C’est sans doute le choc le plus attendu de ces huitièmes de finale. Un mondialiste face à une RD Congo qui s’affirme comme l’un des collectifs les plus solides du continent.

Avançant presque masquée, l’Algérie a progressivement monté en puissance. Après une victoire expéditive contre le Soudan, puis un succès arraché face à un Burkina Faso très engagé, le large succès contre la Guinée équatoriale (3-0), avec une équipe remaniée, a servi de révélateur. Les jeunes Hadj Moussa (Feyenoord) et Ibrahim Maza (Bayer Leverkusen), associés à Fares Chaïbi, ont marqué les esprits.

Un match qui en dira long sur la profondeur de banc algérienne.

En face, la RD Congo confirme la dynamique engagée depuis deux ans. Capables de tenir tête au Sénégal, puis d’assumer leur statut face au Bénin et au Botswana, les Léopards avancent avec un capital confiance et expérience non négligeable. Portée par son iconique supporter « Lumumba », la sélection congolaise aborde ce rendez-vous avec ambition.

Mali – Tunisie : retrouvailles sous haute tension

Ils se connaissent par cœur. Maliens et Tunisiens se retrouvent pour la quatrième CAN consécutive, cette fois dès les huitièmes.

Le Mali, deuxième du groupe A, reste sur un premier tour frustrant : trois matchs nuls, dont deux face aux Comores et à la Zambie. La Tunisie, victorieuse d’entrée contre l’Ouganda (3-1), n’a pas confirmé par la suite et doit encore véritablement lancer sa compétition.

Avec un historique légèrement favorable aux Aigles de Carthage (6 victoires, 3 nuls, 4 défaites), tout indique un duel serré, une fois encore.

Côte d’Ivoire – Burkina Faso : un derby qui dépasse le football

Liés par l’histoire, parfois par le sang, Éléphants et Étalons se retrouvent pour un huitième à forte charge émotionnelle. Les deux sélections comptent plusieurs joueurs aux origines croisées, à l’image d’Alban Lafont.

Né à Ouagadougou, longtemps convoité par le Burkina Faso, le gardien a récemment opté pour la Côte d’Ivoire, ravivant débats et frustrations, dans un contexte déjà marqué par la controverse Nicolas Pépé.

Si l’historique global penche largement en faveur des Ivoiriens, les confrontations en CAN sont rares et disputées : un nul vierge en 2010, une victoire ivoirienne 2-0 en 2012.

Cameroun : la renaissance des Lions Indomptables

C’est l’un des faits marquants de ce premier tour. Deuxième du groupe F à égalité avec la Côte d’Ivoire, le Cameroun a séduit par son jeu et son état d’esprit.

Sous la houlette de David Pagou, les Lions Indomptables ont retrouvé du contenu et une identité. Le pari de Samuel Eto’o semble en passe d’être réussi : redonner fierté et ambition à toute une nation.

Avec une base de jeunes talents prometteurs — Baleba, Kofane, Namaso, Kotto — le Cameroun affiche un appétit retrouvé. Face à l’Afrique du Sud, jamais battue par les Lions (2 victoires, 3 nuls), le test s’annonce relevé mais équilibré.

Maroc, Sénégal, Nigeria et Égypte : les quatre piliers en position de force

Malgré un nul face au Mali, le Maroc a maîtrisé son premier tour. Critiqué, Walid Regragui a vu son équipe réagir contre la Zambie. Face à la Tanzanie, novice à ce niveau, les Lions de l’Atlas ont l’occasion de peaufiner leurs automatismes.

Le Sénégal, annoncé favori avec le pays hôte, a tenu son rang malgré la concurrence congolaise. Opposés au Soudan, les Lions de la Teranga devront se méfier d’un adversaire héroïque malgré un contexte géopolitique dramatique.

Dominant et spectaculaire, le Nigeria a impressionné, notamment face à la Tunisie (3-2). Mais les Super Eagles ont aussi montré quelques failles dans la gestion des temps faibles, un point à surveiller face au Mozambique, outsider séduisant emmené par Catamo.

Enfin, l’Égypte version Hossam Hassan rassure. Premiers qualifiés pour les huitièmes, les Pharaons affichent résilience et efficacité offensive. Opposés au Bénin, ils pourraient retrouver la Côte d’Ivoire ou le Burkina Faso au tour suivant.