l’essentiel
La communauté marocaine de Toulouse s’est rassemblée en nombre pour soutenir le Maroc lors de la CAN 2025. Dans une ambiance festive, près de 300 personnes ont vibré ensemble pour la qualification des Lions de l’Atlas.

En quelques minutes, la salle du Danu se remplit. Dimanche, peu avant 17 heures, le pub du quartier François-Verdier, à Toulouse, est plein à craquer. La terrasse aussi, malgré un froid sec. Les derniers arrivants se glissent entre les tables. La communauté marocaine s’est réunie en nombre pour vivre Maroc-Tanzanie, l’une des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, à l’initiative de l’Association de la jeunesse marocaine de Toulouse (AJMT).

Dès les premières minutes, les près de 300 regards se figent sur les écrans. Les conversations se taisent. Chaque faute, chaque ballon perdu fait naître une grimace, un soupir, un commentaire lancé au voisin. Dans la salle bondée, les supporters marocains forment une cocotte-minute. À la 15e minute, un coup franc parfaitement tiré au premier poteau libère la foule. Explosion immédiate. Puis le silence. Le but est refusé.

À lire aussi :
Son fils décède dès le début de l’année 2026 : le cauchemar d’une star du football africain qui dispute actuellement la CAN 2025

Les rares fulgurances des Lions de l’Atlas sont saluées par des applaudissements. Mais la Tanzanie surprend, presse, gêne. Le match s’enlise. Une supportrice consulte même son téléphone pour vérifier si l’un des joueurs marocains est marié. Autour d’elle, les chants repartent. Quand un joueur s’élance balle au pied, la foule crie “Sir ! (Vas-y en marocain, NDLR)”.

Romain Laporte, gérant du Danu, observe le spectacle : “Ils mettent une vraie ambiance. Ce n’est pas notre clientèle habituelle, mais c’est un plaisir de les voir et en plus avec cette ferveur.’

Hajar, 30 ans, cadre dans un bureau d’études, suit le match assise sur le bar en bois. Depuis le début de la compétition, elle assiste à toutes les diffusions de l’association. “Je ne pensais pas qu’il y avait autant de Marocains ici. Pendant ces matchs, j’ai l’impression d’être au Maroc”, sourit la jeune femme venue à Toulouse pour ses études.

À quelques mètres, Mohamed Birouaine écoute attentivement l’analyse tactique de son voisin. Étudiant en droit des affaires à l’université Toulouse-Capitole, ce jeune homme de 23 ans, moustache fine, chemise blanche et caban noir, a fondé l’Association de la jeunesse marocaine de Toulouse en juin 2023. “J’ai constaté qu’il y avait près de 3 000 étudiants marocains à Toulouse. Il fallait créer une structure pour construire des ponts entre la France et le Maroc”, glisse-t-il.

“Il fallait que

L’association multiplie les événements, y compris des rencontres avec des responsables politiques. Pour la CAN, Mohamed Birouaine a voulu rassembler. “C’est une CAN historique. Le Maroc est en train d’organiser la plus grande de l’histoire. Le football est un vecteur de fraternité, de joie. Il fallait que l’on se retrouve.” Depuis le début de la compétition, les diffusions ont attiré jusqu’à 600 personnes dans d’autres établissements toulousains. L’association compte aujourd’hui 900 membres et prévoit tombolas, projections élargies et, en cas de finale, un événement d’ampleur dans une salle de concert.

À lire aussi :
CAN 2025 : fiasco des tribunes vides à Agadir, la solution radicale des organisateurs pour sauver le match de Mohamed Salah

À la 65e minute, Brahim Diaz frappe. Le ballon file au fond des filets. Cette fois, le but est validé. La salle se lève d’un seul homme. Les mains claquent jusqu’à brûler. Au coup de sifflet final, les sourires se dessinent. Les enceintes diffusent de la musique marocaine. Certains s’apprêtaient à partir, la danse les retient. Quelques youyous déchirent l’air.

La soirée se déroule sans incident notable, dans un contexte pourtant scruté. Quelques jours plus tôt, après une précédente qualification marocaine, des tirs de mortiers avaient visé le commissariat de Bellefontaine. Dimanche, rien de tel. “On voit ici du respect, une ambiance conviviale. Il faut éviter les amalgames. Certains profitent de ces événements pour semer le chaos. Nous sommes des ambassadeurs de notre pays, nous avons un devoir d’exemplarité”, insiste Mohamed Birouaine.

Aucun arrêté préfectoral n’encadrait la rencontre contrairement à celle de l’Algérie et de la Guinée équatoriale, mercredi. Quelques voitures pavoisées de drapeaux marocains défilent en ville. À Jean-Jaurès, quelques policiers veillaient, dans un centre-ville calme comme au petit matin. Seuls quelques mortiers, tirés dans certains quartiers, ont brièvement rougi le ciel.