Le livre Un Journal témoin de son temps soutient que «l’incapacité» de la IVe République à trouver une issue au drame algérien occupe une large place dans le Journal de Genève, dont plus de 30 000 exemplaires sont lus en France. Sans relâche, René Payot répétera «tout au long du conflit», dès 1954 et jusqu’aux accords d’Evian, que la seule issue raisonnable est d’associer les musulmans colonisés depuis 1830 «à la gestion des affaires publiques».
Objectif qu’il interprète comme un «succès de la politique gaulliste» le 21 juin 1961. Mais aussi comme un succès indéniable, dans la tradition aujourd’hui un peu écornée mais qu’il ne surestime alors point de l’«Helvetia mediatrix». Ce concept popularisé par l’historien des idées zurichois Fritz Ernst (1889-1958) symbolise le rôle historique et moral de la Suisse en tant que puissance neutre et médiatrice. En particulier dans la facilitation de négociations de paix, ici entre Paris et Alger.
Prudent, Olivier Reverdin en décrit les vertus le 23 mai de la même année en définissant le processus comme de «bons offices à disposition de deux adversaires désireux de se réconcilier, deux peuples méditerranéens qui auraient un intérêt mutuel à coopérer».
Vivez l’expérience autrementVous pouvez suivre l’ordre chronologique ou vous balader à votre guise à travers les événements et les portraits des personnages historiques de ce bicentenaire.Explorez le Temps
A l’occasion du bicentenaire du Journal de Genève, ce contenu vous est proposé en accès libre. Si vous souhaitez soutenir un journalisme de qualité, abonnez-vous et profitez, jusqu’au 7 janvier, de notre offre spéciale sans engagement pour seulement 1 fr./ mois.