Pour Ryad, autre intervenant de l’After CAN, la critique doit rester mesurée. Il insiste sur le poids de l’environnement.

« Je veux parler de tout l’environnement autour et je pense que c’est vraiment minimisé. Quand on parle du Maroc comme grand favori, ça peut s’entendre mais n’oublions pas que le Maroc n’a jamais été un favori, c’est un outsider amélioré puisqu’on joue à domicile. Passer les huitièmes de finale, ce n’est pas un exploit mais on n’a plus l’habitude. On a échoué aux portes des quarts de finale plusieurs fois contre des pays soi-disant inférieurs à nous », a-t-il fait savoir.

Selon Ryad, la sélection porte un fardeau qui dépasse le rectangle vert.

« La pression est énorme et elle n’est pas uniquement sportive. On demande aux joueurs d’être les garants des investissements que le Maroc fait au niveau des infrastructures et c’est quelque chose d’injuste. Cette équipe peut être uniquement un catalyseur de toute cette vision stratégique portée par le roi du Maroc mais ça ne peut en aucun cas être une finalité », insiste-t-il.

Ryad poursuit en appelant à la nuance. « On aime le sport parce qu’il y a du doute et aucune certitude. Mais quand j’entends ‘on doit gagner sinon, c’est un échec’, Guardiola n’a jamais dit ça avec la Barça en 2009. Je n’ai jamais entendu un entraîneur dire ça, ni un président de Fédération. Je le comprends mais il ne faut pas tomber dans le populisme. Il faut avoir raison garder, l’équipe est là, il faut être derrière elle. Puisqu’il faut gagner, alors le jeu passe en secondaire, l’important c’est de passer. Aujourd’hui, on doit s’estimer heureux, rien n’est facile, il faut gagner, avancer mais la pression ne peut être uniquement mise sur le sélectionneur. Je ne suis pas un grand fan de son jeu mais il faut être honnête et savoir raison garder ».

Qualifié, le Maroc continue. Convaincant, beaucoup moins. Walid Regragui avance sur une ligne étroite, entre obligation de résultats et attente d’un jeu plus affirmé. Le quart de finale dira si cette équipe peut transformer la tension en force collective.