Le 26 janvier dernier, Zijin Gold International, filiale du groupe chinois Zijin Mining, a annoncé un accord en vue de racheter la compagnie canadienne Allied Gold, qui détient plusieurs mines sur le continent africain. Évaluée à 5,5 milliards de dollars canadiens, soit environ 3,372 milliards d’euros, la transaction devrait lui permettre d’élargir son portefeuille aurifère en Afrique de l’Ouest, dans un contexte de multiplication des investissements chinois dans l’or de cette sous-région.

Selon les termes communiqués, Zijin prévoit d’acquérir la totalité des actions d’Allied Gold au prix unitaire de 44 CAD (27 EUR), en espèces. L’offre représente, apprend-on, une prime d’environ 27% par rapport au cours moyen de l’action de l’entreprise cotée sur les bourses TSX et NYSE. L’opération reste toutefois conditionnée à plusieurs étapes formelles. Elle devra notamment être approuvée par les actionnaires d’Allied Gold et par différentes autorités réglementaires, au Canada comme dans d’autres juridictions concernées. Les deux groupes indiquent viser une finalisation d’ici la fin du mois d’avril.

« Compte tenu de la valeur immédiate et significative offerte aux actionnaires, ainsi que du solide historique de Zijin Gold, le Conseil d’administration d’Allied Gold recommande aux actionnaires de voter en faveur de la transaction lors de l’Assemblée générale spéciale qui sera convoquée à cet effet », a indiqué l’entreprise.

Un producteur émergent d’or

Allied Gold est une entreprise active sur l’or et cotée à la bourse canadienne TSX ainsi que sur le NYSE. Elle est principalement active en Afrique de l’Ouest, où elle détient plusieurs mines au Mali et en Côte d’Ivoire. Au Mali, la compagnie s’est hissée en 2025 à la deuxième place des plus grands producteurs du métal jaune, avec 9,58 tonnes grâce à ses mines de Korali-Sud et Sadiola, selon des données relayées récemment par Reuters. En Côte d’Ivoire, elle opère les mines d’Agbaou et Bonikro, d’une capacité de production cumulée d’environ 6 tonnes, si l’on en croit les prévisions de l’année passée.

En plus de ses actifs ouest-africains, Allied Gold développe un nouveau projet aurifère en Éthiopie. Dénommée Kurmuk, la mine devrait entrer en service cette année. Sur l’ensemble de ses opérations africaines, la société vise une production cumulée d’environ 25 tonnes d’ici 2029, soit le double des volumes actuels. « Allied Gold a su constituer et faire progresser avec succès un portefeuille d’actifs aurifères de grande taille, à longue durée de vie, présentant un fort potentiel d’expansion. En tant que futurs propriétaires, nous nous réjouissons de travailler avec les parties prenantes en Éthiopie, au Mali et en Côte d’Ivoire, afin de poursuivre le développement de ces opérations », a commenté Hongfu Lin, président de Zijin Gold.

Une stratégie ouest-africaine déjà engagée

Si la transaction aboutit, ces différents projets viendraient s’ajouter à un ensemble d’actifs acquis récemment par l’entreprise créée l’année dernière pour gérer les intérêts aurifères de Zijin Mining hors de Chine. Avant la création de l’entité, Zijin avait déjà lancé une offensive sur l’or ouest-africain. Le groupe avait pris en juillet 2024 une participation de 9,9 % dans le canadien Montage Gold, porteur du projet Koné, appelé à devenir la plus grande mine d’or de Côte d’Ivoire avec une entrée en production prévue pour 2027.

Quelques mois plus tard, en octobre, il a racheté le gisement aurifère d’Akyem au Ghana, pour un montant proche d’un milliard de dollars. En février 2025, le groupe a également investi dans la junior australienne Predictive Discovery, active sur l’or en Guinée.

Si Zijin est surtout connu pour ses activités dans le cuivre, via sa participation dans le complexe de Kamoa-Kakula (en République démocratique du Congo), la plus grande mine de cuivre d’Afrique, le renforcement de son portefeuille aurifère s’inscrit dans une stratégie de diversification. La compagnie a précédemment annoncé viser une production d’or de 110 tonnes à l’horizon 2028, contre 68 tonnes en 2023.