À lui tout seul, l’Américain IShowSpeed est-il en train de changer la perspective de ses compatriotes sur le continent africain ?

Avec ses 50 millions d’abonnés, le streamer Darren Watkins Jr., 21 ans, s’est engagé en décembre dans une tournée de vingt-huit jours passant par 20 pays africains, qui s’est achevée le 27 janvier 2026 en Namibie. Et les vidéos de son voyage bouleversent les internautes, qui avaient une tout autre vision du continent.

Explications en vidéo.

Le streamer “est arrivé en Afrique sans s’être vraiment préparé à ce qui l’attendait”, remarque New Lines. En Eswatini, une monarchie du sud de l’Afrique, “ce fossé était évident et a révélé la distance entre les Africains-Américains et l’Afrique qu’ils croient connaître”, souligne encore le magazine américain.

Et l’accumulation de ses vidéos décuple cet effet. “Ces semaines de live ont changé la façon dont l’Afrique était perçue par son public”, affirme New Lines.

“Ses longs streams ont
le mérite de nous offrir
une immersion complète.
En Afrique de l’Ouest,
il visite des lieux marqués
par la traite transatlantique,
où des millions de personnes
ont été arrachées
de force à leur continent.
Les spectateurs sont
confrontés, en temps réel,
à des histoires qui ont
bouleversé la vie des Noirs
des deux côtés de l’océan.”

Le magazine américain New Lines

Une étape a perturbé certains spectateurs : le séjour de IShowSpeed en Algérie, où “l’enthousiasme cède la place aux tensions”. Dans un stade, il rencontre des ultras, “des supporteurs de foot qui ont une longue tradition de confrontation politique”, explique le magazine.

IShowSpeed aperçu à Chinatown, à Singapour, lors de sa tournée en Asie du Sud-Est, le 24 septembre 2024.. Photo Chin Yu Chu/Wikimedia Commons

IShowSpeed aperçu à Chinatown, à Singapour, lors de sa tournée en Asie du Sud-Est, le 24 septembre 2024.. Photo Chin Yu Chu/Wikimedia Commons

Mais ces derniers réagissent très mal à la présence de la caméra, “lui lancent de la nourriture et le forcent à partir”. Une réaction qui a une explication politique, dans un contexte que le streamer ne connaissait pas.

“Des Algériens se sont
précipités pour expliquer,
à la fois sur le live
et dans les commentaires,
que la couleur de peau
de Speed n’était pas
du tout en cause.
C’était le fait de filmer
qui posait problème,
dans un pays où
la surveillance de l’État
est omniprésente,
et où les caméras
portent une charge
symbolique, historique
et politique très lourde.”

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