L’ancienne ministre française Ségolène Royal affirme avoir « obtenu » le transfert près d’Alger du journaliste Christophe Gleizes. Elle l’a trouvé « aussi serein que possible » lors d’une entrevue, vendredi, dans sa prison. « Il était très heureux de recevoir ma visite » et d’être transféré de la prison de Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est d’Alger, où il était détenu depuis juin. « Cela va le rapprocher [de sa famille] et faciliter les visites », a déclaré la présidente de l’association France-Algérie, en remerciant les autorités algériennes.
L’ancienne candidate à la présidentielle française (en 2007) avait dit la veille avoir décroché une autorisation spéciale pour rendre visite au journaliste français qui purge une peine de sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Elle a souligné, qu’à part ses parents et le cardinal franco-algérien d’Alger, Jean-Paul Vesco, il n’a reçu « aucune autre visite », saluant dans son propre cas un « geste humanitaire » de la part des autorités algériennes.
« Il lit beaucoup, notamment des ouvrages sur l’Algérie, fait du sport » et « n’a aucune acrimonie ni ressentiment », a-t-elle estimé, soulignant l’importance pour Christophe Gleizes de la mobilisation en sa faveur en France, même s’« il ne veut être ni instrumentalisé ni surmédiatisé ». L’ancienne ministre socialiste a dit avoir « appuyé » la demande de grâce de sa famille lors d’un entretien à son arrivée à Alger avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
« Pas du tout » en mission pour Emmanuel Macron
Sur le caractère de sa mission, elle a expliqué être venue en tant que présidente de l’Association France Algérie et à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne, « pas du tout » en mission officieuse pour le président français Emmanuel Macron.
Est-ce une mission de la dernière chance ? « C’est un peu comme cela que c’est perçu à Alger », a confié Ségolène Royal, pour qui l’autoriser à voir Christophe Gleizes est « déjà un signal considérable », au vu des tensions entre les deux pays. « Il n’y a plus d’ambassadeurs, un agent consulaire algérien est incarcéré [en France] et il y a eu une émission de France 2 [Complément d’enquête] qui est vraiment une injure grave à l’Algérie et au président algérien », selon elle.
« Il faut des coopérations »
Outre la restitution des biens culturels spoliés sous la colonisation, elle a préconisé que le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, relance sa visite programmée à Alger, tout comme le président du Medef. « C’est de l’intérêt de la France de venir sur place et de régler les problèmes, il faut des coopérations entre services de renseignements » dans la lutte antiterroriste, a-t-elle plaidé.
Raviver les liens économiques est essentiel « avant qu’il ne soit trop tard », selon elle, et que la France ne soit « remplacée par la Chine, la Russie, la Turquie, les autres pays européens, comme ça s’est passé ailleurs en Afrique ».